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Lettre au granid prieur do Solar, le 7 mars

2. Montesquieu se maria en 1716 avec Jeanne de Lartigue, fille d’un lieu-

tenant-colonel au régiment de Maulevrier ; il eut deux filles, et un fils qui nous a laissé un précieux Eloge de son père.

MONTESQUIEU

sur la transparence des corps, sur le flux et le reflux, sur le mouvement, etc., etc. Il annonce son projet d’écrire une Histoire physique de la terre ancienne et moderne ; il fait insérer dans le Mercure (janvier 1719) et dans le Journal des SaçanISy un avis par lequel il demande qu’on veuille bien lui communiquer les documents qui pourraient lui être utiles et dont il s’engageait à payer le port.

Nous n’avons pas à juger ici la valeur scientifique de ces Mémoires et de ces Discours. Nous ne ferons d’ailleurs aucune difficulté de déclarer que le style est gâté par une certaine affectation, par un abus fâcheux de la mythologie, par des réflexions déplacées sinon inconvenantes ; c’est du Fontenelle première manière avec trop de fanfreluches. Mais tout le monde s’accorde à recon-^ naître ceci : la discipline scientifique a eu sur le génie de Montesquieu une influence très heureuse ; il lui a dû des habitudes d’esprit qu’il a conservées. Nous n’irons pas jusqu’à dire qu’il a toujours accordé aux faits toute l’importance qu’ils méritaient ; du moins, il est parti de l’observation ; surtout il a entrevu les analogies entre les sciences juridiques ou historiques et les sciences naturelles; il n’était pas inutile pour le futur auteur de V Esprit des Lois d’avoir fait, avec les physiciens et les zoologistes, des expérimentations et des expériences.

Montesquieu allait dire adieu aux laboratoires. En 1721, paraissaient à Cologne et à Amsterdam, sans indication de date ni de nom d’auteur, deux petits volumes in-12 avec ce seul titre : Lettres Persanes i. L’opinion publique eut vite découvert le secret, et le nom de l’auteur fut sur toutes les lèvres. Montesquieu ne pouvait plus se dérober à sa véritable vocation.

2* De 1721 à 1731 : l’Académie, les voyages.

Montesquieu avait trente-deux ans lorsqu’il publia les Lettres Persanes. La vogue fut immense : nous en dirons plus bas les raisons. Quatre éditions au moins parurent coup sur coup à l’étranger. Plus de trente ans après, Montesquieu faisant éditer un Supplément aux Lettres Persanes 2 , racontait qu’en 1721 les libraires pressaient les auteurs de leur donner des ouvrages de ce genre : « Les Lettres Persanes eurent d’abord un débit si prodigieux, que les libraires mirent tout en usage pour en avoir des suites. Ils allaient tirer par la manche tous ceux qu’ils rencon-

1. Chez P. Marteau et chez Brunei (ces deux noms sont probablement des pseudonymes).

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