Les Hollandais étaient ap
elés « les rouliers des mers ».
ouis XIV avait dû leur rendre
les avantages commerciaux que leur avait enlevés Colbert, et les traités d’Utrecht et de Hastadt leur avaient accordé leurs anciens droits. En 1716,ils étaient entrés dans la Triple-Alliance avec la France et l’Angleterre ; elle devint la Quadruple -Alliance en 1718 par l’adhésion de l’Autriche.
6. Politique signifie ici : « manière adroite ou fausse dont on se sert pour arriver à ses fins ».
Le sens est défavorable. « La clémence des princes, dit La Rochefoucauld, n’est souvent qu’une politique pour gagner l’aftèction des peuples ».
Depuis que l’Italie avait été débarrassée du lourd despotisme allemand (1520), toutes les
MONTESQUIEU
«Voilà les historiens des républiques: dé la Suisse, qui est l’image de la liberté ^ ; de Venise, qui n’a de ressources qu’en son économie^ ; et de Gênes, qui n’est superbe que par ses bâtiments^.
« Voici ceux du Nord, et entre autres de la Pologne, qui use si mal de sa liberté et du droit qu’elle a d’élire ses rois, qu’il semble qu’elle veuille consoler par là les peuples ses voisins, qui ont perdu l’un et l’autre^. »
Là-dessus, nous nous séparâmes jusqu’au lendemain.
De Paris, le 2 de la lune de Ghalval, 1719.
La section des poèmes et des romans.
GXXXVll. RIGA AU MÊME
Le lendemain, il me mena dans un autre cabiaet. «Ce sont ici les poètes, me dit-il, c’est-à-dire ces auteurs dont le mé-
formes de gouvernement s’y combattaient, théocratie, royauté, oligarchie, démocratie. Les traités d’Utrecht avaient livré l’Italie presque tout entière à l’Autricne qui possédait le Milanais, le Mantouan, les Présides et le royaume de Naples ; mais dans le Nord, les traités avaient agrandi la maison de Piémont- Savoie. Le duc de Savoie avait obtenu la Sicile et le titre de roi, qui excita l’ambition de cette maison. En fait, le seul <( attribut » c.-à-d. la seule prérogative de la souveraineté qu’eussent les petits Etats d’Italie c’était de s’épuiser dans une vaine politique.
1. Parce qu’il a fallu aux pâtres et aux chasseurs des Alpes un vif sentiment de la liberté pour conquérir d’abord, pour défendre et alfermir ensuite leur indépendance extérieure et intérieure.
2. Voir les belles pages de Taine ( Voyage en Italie, T. II, chap. vr, Venise, 267 sq.) sur «cette bourgade de vendeurs de poissons posée sur la boue, sans terre,
sans eau, sans pierre, sans bois ».
Sans sa forte «économie» (Gf.
p. 90, n. 1), elle ne serait jamais arrivée à une aussi merveilleuse expansion.
3. Les Génois étaient les Phéniciens de l’Italie occidentale ; leurs bâtiments étaient leur seule force. En 1284 notamment. Gênes livra à Pise, sa rivale, une grande bataille navale : plus de 100 galères étaient en ligne de chaque côté. Mais les Génois avaient caché dans la petite île de la Meloria 30 bâtiments de
F lus qui arrivèrent au fort de action et décidèrent la victoire.
4. Le roi est élu par la Diète ui lui fait prendre l’engagemen t e ne rien changer à la Gonstitution ; or la Gonstitution ne lui laisse aucun pouvoir. Dans la « République de Pologne », c’est la Diète qui décide de tout, et comme, par le droit de liberum veto, un seul noble peut annuler non seulement une décision in ais l’ensemble des décisions de la Diète, on comprend la phrase de Montesquieu.
LETTRES PERSANES
lier est de metlre des entraves au bon sens, et d’accabler la raison sous les agréments comme on ensevelissait autrefois les femmes sous leurs ornements et leurs parures^. Vous les connaissez ; ils ne sont pas rares chez les Orientaux, où le soleil, plus ardent, semble échauffer les imaginations mêmes.
« Voilà les poèmes épiques. — Eh ! qu’est-ce que les poèmes épiques ? — En vérité, me dit-il, je n’en sais rien ; les connaisseurs disent qu’on n’en a jamais fait que deux^, et que les autres qu’on donne sous ce nom ne le^ sont point: c’est aussi ce que je ne sais pas. Ils disent de plus qu’il est impossible d’en faire de nouveaux ; et cçla est encore plus surprenant^.
« Voici les poètes dramatiques, qui, selon moi, sont les poètes par excellence, et les maîtres des passions. Il y en a de deux sortes : les comiques, qui nous remuent si doucement^, et les tragiques, qui nous troublent et nous agitent avec tant de violence
« Voici les lyriques, que je méprise autant que je fais cas des autres, et qui font de leur art une harmonieuse extravagance
4. Il faut rapprocher de ce passage le morceau bien connu de Pascal : « Comme on dit beauté poétique... » (Pensées, éd. Havet, VII, 25.)