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Ce mal est l’ennui

LETTRES PERSANES

[Cependant les évènements suivent leur cours, et Rica les note avec curiosité : il étudie d’un œil attentif la réaction qui se produit après la mort de Louis XIV, et les bouleversements successifs que provoque le système de Law (CXXXVIII), et, s’il se détourne un instant pour faire l’éloge des deux reines de Suède, Christine et Ulrique-Eléonore (CXXXIX), il revient vite aux débats entre le pouvoir et les Parlements (CXL). Afin de distraire Usbek, il lui envoie un conte persan qu’il a traduit pour une dame de la cour : « Histoire d’Ibraliim » (CXLI) puis un « Fragment d’un ancien Mythologiste », découvert par un érudit « dans la poussière d’une bibliothèque » : c’est un conte ou plutôt une allégorie, et, si la scène se passe en Bétique, la narration tout entière est une critique impitoyable du système de Law (CXLII).

Il envoie en outre à Nathael Lévi, médecin juif de Livourne, une prétendue « Lettre d’un médecin de province à un médecin de Paris », et la fait suivre d’une série de prescriptions à la Molière, par exemple : « Remède très simple pour guérir de l’asthme : Lisez tous les ouvrages du R. P. Main\bourg, ci-devant jésuite , prenant garde de ne vous arrêter qu’à la fin de chaque période ; et vous sentirez la faculté de respirer vous revenir peu à peu, sans qü’il soit besoin de réitérer le remède » (CXLIII) ; et, reprenant un sujet qu’il avait traité pour un autre correspondant (L)i, il explique à Usbek son opinion sur la modestie (CXLIV 2).

C’est la dernière lettre de Rica. Usbek s’élève contre les mauvais exemples donnés par les ministres sans probité, exemples pernicieux pour des nations entières (CXLV . Puis les nouvelles du sérail d’Ispahan arrivent de plus en plus inquiétantes, jusqu’au moment où Usbeck, qui serait parti depuis longtemps sans la résistance de Rica qui se plaît trop à Paris pour vouloir le quitter, se décide à rentrer afin d’assouvir sa vengeance : il reçoit, au moment du départ, de nouvelles lettres lui annonçant que le meurtre, la trahison, le suicide désolent le sérail abandonné par spn maître (GXLVII-CLXI). J

1 . « Si la modestie est une vertu nécessaire à ceux à qui le. Ciel a donné de grands talents, que peut on dire de ces insectes qui osent faire paraître un orgueil qui déshonorerait les plus grands hommes ?... Heureux celui qui a assez de vanité pour ne dire jamais de bien de lui, qui craint ceux qui l’écoutent, et ne compromet point son mérite avec l’orgueil des autres 1 » (L.)

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