‹ Morceaux choisisChapitre 87 sur 369 · Habileté de Montesquieu · texte numérisé non relu

Habileté de Montesquieu

qui ouvre un jour sur la suite de l’histoire romaine. César, parent de Marius et gendre de Cinna, avait refusé à 18 ans d’obéir à Sylla qui lui ordonnait de répudier sa femme.

Sylla avait omis César sur les premières listes de proscriptions, et celui-ci au lieu de se faire oublier, brigua le sacerdoce devant le peuple. Sylla fit opposition à sa demande qui fut rejetée. Il songeait même à le faire périr; ses amis alléguaient la jeunesse de César :

« Vous êtes bien peu avisés, leur dit Sylla, de ne pas voir dans cet enfant plusieurs Marius ». (Plutarque, Vie de César, I.)

LE TEMPLE DE GNIDE (1725

[Ce n’est pas porter préjudice à la renommée de Montesquieu que dé supprimer délibérément, dans un recueil choisi de ses Œuvres^ le Temple de Guide paru en 1725, quatre ans après les Lettres Persanes. Au contraire. Il faut cependant mentionner cet ouvrage ; non seulement, parce qu’il témoigne de goûts que Montesquieu tenait de son siècle et qu’il a conservés jusqu’à la fin, mais encore parce que le livre a tenu une grande place dans la littérature du temps. 11 a été traduit dans toutes les langues. Il a été mis en vers français par Léonard (1772), et par Colardeau (1773),^. H a fait non seulement les délices de la société qui se pressait autour de M^^® de Clermont, princesse du sang de Condé, mais encore de tous les salons et du beau monde.

On s’étonne de ce succès, mais il faut bien le constater. Madame du Deffand s’écriait à la lecture : « C’est l’apocalypse de la galanterie ! » Nous trouverions mèmè cette critique insuffisante ; l’ouvrage est ennuyeux d’un bout à l’autre, et nous savons pourquoi nous bâillons en le lisant. « Je comj)te pour peu de chose, disait La Harpe, le Temple de Guide, bagatelle ingénieuse et délicate' (?), mais d’autant plus froide qu’elle est plus travaillée, et qu’elle annonce la prétention d’être poète en prose, sans avoir rien du feu de la poésie. L’esprit y est prodigué, la grâce étudiée. » {Lycée, T. VII, Chap. i, éd.,1822, p. 43.) Nous avons vainement cherché l’esprit dans le livre : en revanche nous en avons trouvé beaucoup plus dans la Préface du Traducteur que dans les sept « chants » du Temple de Guide. Ici du moins nous reconnaissons la main qui a écrit les Lettres Persanes :]

Préfacé du Traducteur.

Un ambassadeur de France à la Porte ottomane, connu par son goût pour les lettres, ayant acheté plusieurs manus-

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