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A LA NATURE

Enfin, Nature, enfin I ce n'est plus cette voix, Ces chants, cette gaieté dans les prés, dans les bois, Et, debout sur mon seuil, j'écoute, et je recueille Comme un faible soupir la chute d'une feuille Qu'un vent léger entraîne. Ai-je bien entendu ? Vient-il enfin ce jour que j'ai tant attendu ? Oui, ta voix de chansons aujourd'hui s'est éteinte. Ce qui de toi s'exhale est une triste plainte. Ah ! tu souffres ? Eh I bien, je suis heureux. Pourquoi ? Parce que ma douleur s'aggravait de ta joie. Mais tu n'as plus cet air qui m'éloignait de toi, Tu n'as plus ces oiseaux dans un ciel qui flamboie, — L'hirondelle te quitte et va vers d'autres cieux, — Tu n'as plus ce soleil, et j'ouvre enfin les yeux I Enfin, je puis te voir, ô Nature que j'aime, Et je puis dans ton sein me retrouver moi-même I

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