‹ Morceaux choisisChapitre 11 sur 221 · CAPRICE D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

CAPRICE D'AUTOMNE

Sens-tu par les grands bois le souffle de l'automne ?

Est-ce qu'à le sentir ton pauvre cœur s'étonne ?

Croyais-tu qu'un bonheur dure une éternité ?

Espérais-tu pour toi quelque éternel été ?

Vois la feuille qui gît ici dans la poussière

Se balança, joyeuse, à cette cime altière,

Plus fière que toi-même, ami, quand tu passais

Aux bras de cette femme à qui tu te fiais.

Ecoute ! A tous les vents elle fut agitée,

Se croyant pour toujours par sa branche portée.

Comme elle, pauvre ami, longtemps tu t'agitas Dans des caprices vains. Mais quelque jour, hélas ? Un souffle a mis la feuille, ici, dans la poussière, Où toi-même, déçu, viens traîner ta misère ! Car, en ce même jour d'automne et de douleur, Un caprice de femme a déchiré ton cœur. . .

Sens-tu par les grands bois le souffle de l'automne ? Est-ce qu'à le sentir ton pauvre cœur s'étonne ?

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