CAPRICE D'AUTOMNE
Sens-tu par les grands bois le souffle de l'automne ?
Est-ce qu'à le sentir ton pauvre cœur s'étonne ?
Croyais-tu qu'un bonheur dure une éternité ?
Espérais-tu pour toi quelque éternel été ?
Vois la feuille qui gît ici dans la poussière
Se balança, joyeuse, à cette cime altière,
Plus fière que toi-même, ami, quand tu passais
Aux bras de cette femme à qui tu te fiais.
Ecoute ! A tous les vents elle fut agitée,
Se croyant pour toujours par sa branche portée.
Comme elle, pauvre ami, longtemps tu t'agitas Dans des caprices vains. Mais quelque jour, hélas ? Un souffle a mis la feuille, ici, dans la poussière, Où toi-même, déçu, viens traîner ta misère ! Car, en ce même jour d'automne et de douleur, Un caprice de femme a déchiré ton cœur. . .
Sens-tu par les grands bois le souffle de l'automne ? Est-ce qu'à le sentir ton pauvre cœur s'étonne ?