‹ Morceaux choisisChapitre 13 sur 221 · OUBLI · texte numérisé non relu

OUBLI

Le hasard nous unit, le sort nous sépara. Et de tous ces propos murmurés à l'oreille, De tous ces tendres mots qu'un sentiment éveille, Rien plus, vous le savez, rien plus ne demeura.

Oui, vous le savez tous que ces mots éphémères, Inventés par l'esprit et non jaillis du cœur, Se changèrent un jour, dans un rire moqueur Qui me déchira l'âme, en paroles amères.

Et tu le sais, grand bois par les vents dévasté, Qu'il ne reste plus rien de nos voix, nos murmures, Plus de rayons d'espoir dans les sombres ramures Où le vent d'automne a, ce soir, tout emporté.

Vous le savez, sentiers où l'âme se transporte, Où le souvenir rôde et me parle tout bas, Qu'il ne reste plus rien des traces de ses pas... Oui, rien n'est plus sur vous, rien... que la feuille morte.

Tu le sais, ô mon cœur, que, du son de sa voix, De son corps frémissant, des traits de son visage, Il ne reste pas plus qu'au bois de son feuillage... Plus rien de cette femme, ô mon cœur, tu le vois !.

Adieu, beaux jours d'été, voici les soirs d'orage. Ah ! que sur la nature et que sur moi l'hiver, Partout, s'étende donc comme s'étend la mer, Et que tout disparaisse en un dernier naufrage !

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