OH ! NON, IL N'EST PAS VRAI
Si, dans les pleurs de novembre, d'un cœur dévot, Me taisant à la vie, à la mort je m'adresse, C'est que je sens, parmi ma divine tristesse, Que la tombe ne m'a pas dit son dernier mot.
La vie et ses laideurs, le monde et ses souillures, A ces lieux, qui font peur à leur impiété, Sont importuns... tandis qu'en son anxiété Mon cœur s'y rafraîchit aux sources les plus pures.
Par T Ombre aimante et douce on est, là, regardé, Qui se fit, dans des yeux, mais sans éteindre l'âme; Ma méditation, Passé, là, te réclame, Pressentant maint secret que la Tombe a gardé l...
A.h I le deuil des enfants, des époux et des mères, l'en évoque l'horreur, j'en écoute les cris. Sur ces pierres que de genoux se sont meurtris ! Il ce sol aura bu bien des larmes amères...
C'est ici que pourtant je viens pour espérer, Que de lire j'essaie à la dernière page De la Vie... Elle semble encor dans un orage Pendre à ce clou du Temps, qui va la déchirer...
Quoi I quand la terre veut notre pauvre substance, La beauté d'une vie aurait succombé là 1 La Mort aurait le droit de ravir son éclat, Quand ricanant elle présente l'échéance !
Non, car je sens là rayonner à l'infini Tout ce qui fut bonté, dévouement et justice ! Oh ! non, il n'est pas vrai que cela s'engloutisse, Ni même soit, par le dernier soupir, terni !
Et, par cette clarté d'un avenir céleste, Que l'humble croix de bois dit au recueillement, Ce lieu des Trépassés — doux émerveillement ! - Le cimetière contre le néant proteste 1