‹ Morceaux choisisChapitre 161 sur 221 · SAIS-TU QUI J'INTERROGE · texte numérisé non relu

SAIS-TU QUI J'INTERROGE

A ce mal qui l'étreint mon Ame cherche A mieux payer sa rançon,

Tandis que près de moi l'oiseau qui perche Veut lui verser sa chanson.

Et le parfum de chaque fleur, dans l'herbe, Veut, suave, l'imprégner,

Afin qu'en elle la Pensée acerbe

Ne puisse pas tant régner.

Toute cette douceur, à ma blessure,

Donne un long et doux baiser ;

Tout prend l'air inspiré qui nous rassure. Le ciel, veut-il m'apaiser ?

Et tandis que, dans mon Rêve, palpite Un Monde idéal charmant,

Un regard infini, là-haut, m'invite A mieux sentir son aimant.

Mainte aile semble porter un message De confiance et de paix ;

Plus d'un cœur va sentir, à son passage, Que peut s'alléger son faix.

Eclosion de souriante Vie,

Tu veux rallumer ma Foi,

Qu'un orgueil attristé m'aura ravie, Pour me soumettre à sa loi I

A cet instant, sais-tu qui j'interroge, Quand s'offre ton court instant,

Pour savoir de mon cœur, non s'il déroge, Mais est encor existant ?

C'est la Mort ! elle seule peut répondre A mes doutes de vivant,

Lorsque, dans cet azur, voudrait se fondre Mon être, en y tant rêvant ;

Oui, d'une eclosion rêvant, pareille A celle, dont, Sol, tu luis ;

Par le regard de la Mort s'ensoleille L'âpre route que je suis.

D'elle se peut-il que je me méfie, Quand, là, par le Souvenir,

La douce main du Passé me confie A celle de l'Avenir ?

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