‹ Morceaux choisisChapitre 180 sur 221 · AH ! CET ADIEU · texte numérisé non relu

AH ! CET ADIEU

Accepte ma Pensée, ô Soupir de l'automne 1 A la harpe du Temps tu fais l'harmonieux

Accord qui dans mon cœur chantonne, Bien mieux que la gaieté d'un printemps radieux.

Jamais autant mon âme ne s'est attendrie Qu'en l'attendrissement du doux ciel pâlissant

Sur ce qui finit en féerie.

Dit par l'automne, adieu toujours si ravissant !

Soit qu'il peigne et nuance en sa coquetterie Toutes les phases du divin Recueillement, Où la terre rayonne, avant d'être flétrie,

Soit qu'il voile distraitement La résignation où la Nature prie.

Oui, pour nous rassurer, cet élégant adieu De pourpre se revêt, dans des flots d'or éclate, Et s'il s'inscrit partout, c'est en lettres de feu.

La joliesse délicate Se livre à tout soupir qui porte au ciel maint vœu.

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