AH ! CET ADIEU
Accepte ma Pensée, ô Soupir de l'automne 1 A la harpe du Temps tu fais l'harmonieux
Accord qui dans mon cœur chantonne, Bien mieux que la gaieté d'un printemps radieux.
Jamais autant mon âme ne s'est attendrie Qu'en l'attendrissement du doux ciel pâlissant
Sur ce qui finit en féerie.
Dit par l'automne, adieu toujours si ravissant !
Soit qu'il peigne et nuance en sa coquetterie Toutes les phases du divin Recueillement, Où la terre rayonne, avant d'être flétrie,
Soit qu'il voile distraitement La résignation où la Nature prie.
Oui, pour nous rassurer, cet élégant adieu De pourpre se revêt, dans des flots d'or éclate, Et s'il s'inscrit partout, c'est en lettres de feu.
La joliesse délicate Se livre à tout soupir qui porte au ciel maint vœu.