‹ Morceaux choisisChapitre 22 sur 221 · INVOCATION A LA LUNE · texte numérisé non relu

INVOCATION A LA LUNE

Astre de la nuit douce et de la nuit sereine,

Qui luis comme un regard au-dessus du clocher

Pour voir dormir la plaine, Qui, quand vient un nuage indiscret te cacher, Un instant fais trembler ta lumière, incertaine

Comme notre âme humaine,

0 Lune, toi qui sais, quand dorment les vivants, Ressusciter, dit-on, les morts du cimetière,

Puisque, dans ta lumière, On volt, sous les cyprès agités par les vents, Des fantômes marcher, quand la nature entière

Exhale sa prière,

O Lune, astre divin et terrestre à la fois,

Tu nous semblés si proche ! Et ta clarté blanchâti

Qui descend sur nos toits, N'aveugle pas nos yeux ! — Au retour, le vieux pât La confond au dos blanc de ses brebis, parfois,

Et lui parle patois.

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