INVOCATION A LA LUNE
Astre de la nuit douce et de la nuit sereine,
Qui luis comme un regard au-dessus du clocher
Pour voir dormir la plaine, Qui, quand vient un nuage indiscret te cacher, Un instant fais trembler ta lumière, incertaine
Comme notre âme humaine,
0 Lune, toi qui sais, quand dorment les vivants, Ressusciter, dit-on, les morts du cimetière,
Puisque, dans ta lumière, On volt, sous les cyprès agités par les vents, Des fantômes marcher, quand la nature entière
Exhale sa prière,
O Lune, astre divin et terrestre à la fois,
Tu nous semblés si proche ! Et ta clarté blanchâti
Qui descend sur nos toits, N'aveugle pas nos yeux ! — Au retour, le vieux pât La confond au dos blanc de ses brebis, parfois,
Et lui parle patois.