AU SENTIER DU DÉPART
La Voix :
Au sentier du Départ porte, sans défaillance.
Une entière vaillance, Vers les charmes lointains de ces buts ignorés
Que T Espoir a dorés.
Non, non, il ne faut pas que l'âme s'emprisonne
Dans tout ce qui frissonne Sur elle, du regret de n'avoir pas été
Assez tendre, l'Eté 1
Le Poète :
Le sentier du Départ est plein de feuilles mortes...
La Voix :
Mais en toi tu les portes, Tous ces espoirs charmants qui, brisés tour à tour, Font comprendre l'amour ;
78 l'ombre étoilée
Et V étant approché de F eau fraîche et courante, D'une voix^moins mourante
Tu pourras, confiant, V avancer vers ton sort Dans Tâpre vent du nord.
Le Poète :
Au sentier du Départ frémit la feuille morte !
La Voix:
Passons, passons, qu'importe 1 Tu portes dans ton cœur, où bouillonne un sang pur, Tout un monde futur.
Le Poète :
Les feuilles du sentier, sous mes pas gémissantes, Ont des voix finissantes.
La Voix :
N'entends-tu pas en toi le lumineux éclat Des voix de FAu-Delà ?
Le Poète :
La bise va souffler en emportant les feuilles... Mon cœur, tu les recueilles...
La Voix :
Alors, tu vas pleurer.
Le Poète:
Oui, je prendrai plus tard
Le sentier du Départ 1
Luchon.