VIEILLES INSCRIPTIONS
Sentiments Eternels...,
Au-dessus du torrent qui passe, Parmi les sombres éboulis Dont ses méandres sont remplis, Le village a choisi sa place.
Il s'est suspendu sur les flancs
Du mont qui lui prête une bosse.
Sur laquelle il rit, il adosse
Ses toits de chaume et ses murs blancs
Et le chemin en est si raide
Que les mulets portant leurs bâts,
Tournant souvent la tête en bas,
Ont l'air de dire : « Il faut qu'on m'aide ! »
Plus haut, bien en vue, à l'écart, Et sur une plus forte pente, L'église érige sa charpente, Qui guide au loin le montagnard.
80 l'ombre étoilée
C'est ici que la Foi s'abrite :
Elle a taillé cette paroi Pour F asile du cœur qui croit En priant ce Dieu qui F habite.
Montons... Le cimetière est là.
Jamais F aurore n'est plus rose Qu'en ces lieux perdus où repose Plus d'un que la Mort appela.
Je lis : « Pour toujours, à ma mère... » O touchantes inscriptions, Vous portez les ambitions D'une désespérance amère !
Au pied de l'humble croix de bois, Ici, sur la pierre attiédie Par les pleurs, retrouvent la vie Tous les souvenirs d'autrefois.
Pour eux le temps n'a pas d'épongé Le cœur qui pleure infiniment, N'a-t-il pas éternellement En soi l'écho qui les prolonge ?
Hélas ! le sentiment humain, Où la réalité nous brise, Après notre existence grise, N'aura-t-il pas de lendemain ?