‹ Morceaux choisisChapitre 48 sur 221 · SUR LES CHAMPS NUS · texte numérisé non relu

SUR LES CHAMPS NUS

On ne voit plus personne Qui cueille ou qui moissonne :

C'est l'instant de répit Que le travailleur donne Toujours avec dépit Au sol qui s'assoupit.

Epis morts au tranchant Des cruelles faucilles, Il naquit dans mon champ Des espoirs... au couchant, Souvenir, tu vacilles, Comme au vent ces brindilles.

J'eus plus d'un espoir lourd De semences d'amour Au champ de ma tristesse ; Mais leur destin fut court, Car la Vie a, sans cesse, Tant déçu ma tendresse !

Chacun d'eux fut broyé — 0 désespoir livide ! — Et dans Fombre noyé Sous ma larme candide ; Le cœur, qui se sent vide, Espérait un foyer...

Il rampe quelques chaumes Parmi les champs déserts ; Et sur moi, dans les airs Qu'ont fui les doux concerts, Des ombres de fantômes Fondent d'obscurs royaumes I

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