RÊVERIES AUTOMNALES
Leur souffle fait tourner les feuillets du roman Que j'écris constamment,
Qui s'élèvent parmi les feuilles dans la brise ; Mais, dans l'épanchement Où l'âme s'éternise, Leur douceur s'harmonise A tout ce que pieusement Symphonise
L'exhalaison de mon cœur vers le Firmament...
Voyez-les parcourir pensives, sans raideur,
La route du malheur.
— Ah I que n'embellit pas leur pudique noblesse 1
Et j'aime la candeur
De leur timide ardeur.
Voyez-les, sans faiblesse,
Prendre tout ce que laisse, En mourant, la forêt d'odeur ; Sans mollesse, Se dirige leur vol au gré du vent vainqueur.
Les feuillages d'or sont leur couche nuptiale,
Humide et glaciale, Près des arbres qui sont leurs amants éplorés ;
La douceur automnale
A leur gravité pâle
Unit ses tons dorés,
D'émeraude ou cuivrés.
Leur timide union exhale, Par les prés, Une mélancolie où chante la rafale.
Ne m'abandonnez pas avec le fardeau lourd
De passer, sans amour, Aux bras de la Tristesse, en cet exil si rude,
Peut-être pour toujours.
En des instants trop courts,
Avec sollicitude,
Donnez-nous Fhabitude D'être à la Voix d' En-Haut moins sourds, Douce étude I...
Pour me ronger le cœur, venez, Hommes- Vautouri l