‹ Morceaux choisisChapitre 74 sur 221 · J'ÉTAIS NÉ · texte numérisé non relu

J'ÉTAIS NÉ

J'étais né pour briller dans un monde plus vaste, Se dit l'Esprit qui veut toujours plus s'épurer, Et jeter un éclat qui le fasse durer ; Alors que le cœur se dévaste, Espérant les baisers d'une aurore plus chaste l

J'étais né pour sentir l'univers palpiter

Dans les rayons dont Mars nous porte la caresse,

Parmi les grandes voix d'amour et de détresse ;

Et j'étais né pour méditer Sur tout ce qui nous charme et vient nous^irriter.

J'étais né pour chanter dans une autre atmosphère Plus transparente au ciel qu'on voudrait respirer, Plus accueillante au Vrai qu'il peut seul inspirer ;

Où l'on aurait l'espoir de faire Son acheminement vers une pure sphère.

j'étais né... 137

'étais né pour monter noblement vers un But, achant bien que jamais Pâme n'est appauvrie, n versant ses trésors, toujours plus attendrie : Aux âmes pauvres son tribut, celles qu'on méprise et qu'on met au rebut.

ais avouez que c'est une fortune étrange

our notre esprit, qui crut dans l'azur se tremper,

e se voir sans rayons et sans souffle ramper,

Quand il rêva des ailes d'ange ; 'être si loin des cieux et si près de la fange I

aels vents d'iniquités les ont donc balayés,

>us ces projets qu'on eut dans l'espoir éphémère

je vaincre, ô Solitude, une pensée amère !

Et quels combats ont essayés ms une nuit sans fin tous les sens effrayés !

îtais né pour sentir, par mon âme éblouie, conquête d'un ciel où tout est pardonné.

'ai-je eu de tout cela ? Pourquoi suis-je donc né ?

Pourquoi s'est-elle épanouie, notion du moi que rien n'a réjouie ?

pourquoi donc faut-il que cet effort vital i toujours renouvelle un monde qui s'épuise,

( Ure toute raison, ô douleur, nous produise ? Pourquoi faut-il qu'un temps fatal

^ nlle continuer comme agrandir le mal ?

AUGURE (Sonnet)

Un aigle royal, venant d'Allemagr tombe dans les lignes français

(Les journaux).

Une aile, dirait-on parfois, porte un message, Elle avive en nos cœurs l'azur profond du ciel^ Et plus d'un rêve éclot charmant à son passage. Et même on y peut voir un symbole réel.

Ainsi l'aigle royal qui sur ton paysage Guerrier s'abat, est pris par nous... Ah I tu sais qi-1 Oiseau sinistre plane, ô France !... doux présage Tu n'as pas fait en vain à nos vertus appel.

Salut, aigle épuisé qui de la Forêt-Noire .

Nous apporte un augure auquel nous voulons croii !

Qu'un obscur vol haineux tombe comme le tien

Vois-tu l'essor sauveur de notre âme guerrière Il tombera, n'ayant que le mal pour soutien, Le vol impie, hélas l qui passa la frontière !

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