J'ÉTAIS NÉ
J'étais né pour briller dans un monde plus vaste, Se dit l'Esprit qui veut toujours plus s'épurer, Et jeter un éclat qui le fasse durer ; Alors que le cœur se dévaste, Espérant les baisers d'une aurore plus chaste l
J'étais né pour sentir l'univers palpiter
Dans les rayons dont Mars nous porte la caresse,
Parmi les grandes voix d'amour et de détresse ;
Et j'étais né pour méditer Sur tout ce qui nous charme et vient nous^irriter.
J'étais né pour chanter dans une autre atmosphère Plus transparente au ciel qu'on voudrait respirer, Plus accueillante au Vrai qu'il peut seul inspirer ;
Où l'on aurait l'espoir de faire Son acheminement vers une pure sphère.
j'étais né... 137
'étais né pour monter noblement vers un But, achant bien que jamais Pâme n'est appauvrie, n versant ses trésors, toujours plus attendrie : Aux âmes pauvres son tribut, celles qu'on méprise et qu'on met au rebut.
ais avouez que c'est une fortune étrange
our notre esprit, qui crut dans l'azur se tremper,
e se voir sans rayons et sans souffle ramper,
Quand il rêva des ailes d'ange ; 'être si loin des cieux et si près de la fange I
aels vents d'iniquités les ont donc balayés,
>us ces projets qu'on eut dans l'espoir éphémère
je vaincre, ô Solitude, une pensée amère !
Et quels combats ont essayés ms une nuit sans fin tous les sens effrayés !
îtais né pour sentir, par mon âme éblouie, conquête d'un ciel où tout est pardonné.
'ai-je eu de tout cela ? Pourquoi suis-je donc né ?
Pourquoi s'est-elle épanouie, notion du moi que rien n'a réjouie ?
pourquoi donc faut-il que cet effort vital i toujours renouvelle un monde qui s'épuise,
( Ure toute raison, ô douleur, nous produise ? Pourquoi faut-il qu'un temps fatal
^ nlle continuer comme agrandir le mal ?
AUGURE (Sonnet)
Un aigle royal, venant d'Allemagr tombe dans les lignes français
(Les journaux).
Une aile, dirait-on parfois, porte un message, Elle avive en nos cœurs l'azur profond du ciel^ Et plus d'un rêve éclot charmant à son passage. Et même on y peut voir un symbole réel.
Ainsi l'aigle royal qui sur ton paysage Guerrier s'abat, est pris par nous... Ah I tu sais qi-1 Oiseau sinistre plane, ô France !... doux présage Tu n'as pas fait en vain à nos vertus appel.
Salut, aigle épuisé qui de la Forêt-Noire .
Nous apporte un augure auquel nous voulons croii !
Qu'un obscur vol haineux tombe comme le tien
Vois-tu l'essor sauveur de notre âme guerrière Il tombera, n'ayant que le mal pour soutien, Le vol impie, hélas l qui passa la frontière !