‹ Morceaux choisisChapitre 85 sur 221 · DE LOIN · texte numérisé non relu

DE LOIN

(Sonnet)

Triste monde où, mon cœur, si peu tu te devines, Qu'en vain tu vas fuser, sans y voir de saveur, Toujours insatisfait et toujours plus rêveur I Comme la rose, hélas ! le Rêve a ses épines..

Une mystique fleur s'ouvre à notre ferveur. Subtil est son parfum, séduisante est sa mine : O révélation d'une grâce divine !

Sauras-tu profiter d'une telle faveur ?

Tu dois craindre, imprudent, que le charme se rompe Il faut l'aimer de loin, crois-moi, pauvre mortel, Poète, cette fleur... C'est peut-être cruel.

Ne cherche pas surtout, toi dont l'instinct se trompe, A cueillir pour ton cœur impur celle qui vient De l'azur libre, et qui — prends garde ! — s'en soutient !

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