LA LOGE DE LA REINE A ORLÉANS
Depuis le jour où mou pauvre Michel était venu me voir ici à Yincennes, et m'avait trouvé dans la position du premier rang, je maigris d'une manière ridicule, parce que je n'entendis plus parler de notre petite famille de Montreuil, et que je vins à penser que Pierrette m'avait oublié tout à fait. Le régiment d'Auvei'gne était à Orléans depuis trois mois, et le mal du pays commençait à m'y prendre. Je jaunissais à vue d'œil et je ne pouvais plus soutenir mon fusil. Mes camarades commençaient à me prendre en grand mépris, comme on prend ici toute maladie, vous le savez.
Il y en avait qui me dédaignaient parce qu'ils me croyaient très malade, d autres parce qu'ils soutenaient que je faisais semblant de l'être, et, dans ce dernier cas, il no me restait d'autre parti que de mourir pour prouver que je disais vrai, ne pouvant pas me rétablir tout à coup ni être assez mal pour me coucher; fâcheuse position.
Un jour, un officier de ma compagnie vint me trouver, et me dit :