ACTE PREMIER
endurci, et que vous m auriez empêchée d'agir selon le mien. Et cependant, qui donne au pauvre prête au Seigneur.
JOHN BELL
Vous feriez mieux de prêter à intérêts sur de bons gages,
Dieu vous pardonne vos sentiments et vos paroles.
JOHN BELL, marchant dans la chambre à grands pas.
Depuis quelque temps, vous lisez trop; je naime pas cette manie dans une femme... Voulez-vous être une has bleu?
KITTT BELL.
Oh I mon ami I en viendrez-vous jusqu'à me dire des choses méchantes, parce que, pour la première fois, je ne vous obéis pas sans restrictions? — Je ne suis qu'une femme simple et faible; je ne sais rien que mes devoirs de chrétienne.
JOHN BELL
Les savoir pour ne pas les remplir, c'est une profanation.
KITTY BELL
Accordez-moi quelques semaines de silence seulement sur ces comptes, et le premier mot qui sortira de ma bouche sera le pardon que je vous demanderai pour avoir tardé à vous dire la vérité. Le second sera le récit exact de ce que j'ai fait.
JOHN BELL
Je désire que vous n'ayez rien à dissimuler.
KITTY BELL
Dieu le sait! il n'y a pas une minute de ma vie dont le souvenir puisse me faire rougir.
JOHN BELL
Et cependant jusqu'ici vous ne m avez rien caché.
Souvent la terreur nous apprend à mentir.
JOHN BELL
Vous savez donc faire un mensonge?
KITTY BELL
Si je le savais, vous prierais-je de ne pas m'in terroger? Vous êtes un juge impitoyable.
JOHN BELL
Impitoyable! vous me rendrez compte de cet argent.
KITTY BELL
Eh bien, je vous demande jusqu'à demain pour cela.
JOHN BELL
Soit, jusqu'à demain je n'en parlerai plus.
KITTY BELL lui baise la main.
Ab ! je VOUS retrouve. — Vous êtes bon. — Soyez-le toujours.
JOHN BELL
C'est bien! c'est bien! songez à demain.
Il sort,
KITTY BELL, seule.
Pourquoi, lorsque j'ai touché la main de mon mari, rac suis-je reproché d'avoir gardé ce livre? — La conscience ne peut pas avoir tort.
Elle r«Te.
Je le rendrai.
Elle sort à pas lents.