Didon parle ainsi à Enée {Enéide, livre IV, vers
. . . . Sequar atris ignibus absens : Et quum frigida mors anima seduxerit artus, Omnibus timbra locis adero. Dabis, improbe, pœnas ; Audiam, et hase Mânes veniet milii fama sub imos.
« Absente, je te poursuivrai, armée de torches funèbres, et quand
Rome, ce ciel, ce jour que tu reçus de moi, Partout, à tout moment m'offriront devant loi1. Tes remords te suivront comme autant de furies ; Tu croiras les calmer par d'autres barbaries : Ta fureur, s'irrilant soi-même dans son cours, D'un sang toujours nouveau marquera tous tes jours. Mais j'espère qu'enfin le Ciel, las de tes crimes, Ajoutera ta perte à tanl d'autres victimes: Qu'après t'ètre couvert de leur sang et du mien, Tu te verras forcé de répandre le tien ; Et ton nom paraîtra, dans la race future, Aux plus cruels tyrans une cruelle injure.
Ibid., acte V, scène vi.
Xipliarcs à Phamace, son frère, pour l'engager à venger la défaite de Mithridate, leur père2.
Sur la fausse nouvelle de la mort de Mithridate, Pharnace, son iils, l'allié des Romains, malgré ce titre, se dispose à épouser Monime, fiancée au roi de Pont, et libre par sa mort de s'engager dans de nouveaux liens. Mais cette princesse ne veut point, pour époux, d'un esclave de Rome. Pour prétendre à sa main, il faut se déclarer contre ces tyrans du monde, et Pharnace hésite à le faire. Xipharés, autre fils de Mithridate, indigné de trouver dans son frère des sentiments si peu conformes aux siens, le presse en ces termes de venger leur père dans le sang des Romains :
La réponse, seigneur, doit-elle être incertaine? Et contre les Romains votre ressentiment Doil-il, pour éclater, balancer un moment?
la froide mort sera venue affranchir mon âme des liens du corps, en tous lieux mon ombre se présentera à tes regards. Oui, cruel, je serai vengée, et le bruit de tes malheurs arrivera jusqu'à moi dans l'empire des morts ! »