L'éclat foudroyant de la colère de Dieu
3. Le poète veut parler des raines espérances de victoire et de butin dont les ennemis de Dieu se sont nourris; mais l'expression n"est pas assez précise.
La mort seule consacre la gloire des hommes.
Au faite des honneurs, un vainqueur indomptable ' Voit souvent les lauriers se flétrir dans ses mains : La mort, la seule mort met le sceau véritable Aux grandeurs des humains.
Combien avons-nous vu d'éloges unanimes Démentis, condamnés par un honteux retour ! Et combien de héros glorieux, magnanimes, Ont vécu trop d'un jour 2 !
Du Midi jusqu'à l'Ourse3 on vantait ce monarque Qui remplit tout le Nord de tumulte et de sang l ; Il fuit : sa gloire tombe, et le destin lui marque Son véritable rang.
Ce n'est plus ce héros, guidé par la victoire. Par qui tous les guerriers allaient être effacés : C'est un nouveau Pyrrhus, qui va grossir l'histoire Des fameux insensés.
Ainsi de ses bienfaits la fortune se venge. Mortels, défions-nous d'un sort toujours heureux ; Et de nos ennemis songeons que la louange Est le plus dangereux.
Ibid., livre II.