Indomptable jusqu'alors
2. Cette idée semble avoir été prise par le poète dans un Prologue de Labcrius, chevalier romain, que César avait forcé de paraître sur le théâtre :
. N imirum hoc die Uno plus vixi, milii qnam vivendum fuit.
« Ah ! sans doute, j'ai vécu un jour de plus qu'il ne fallait vivre. »
3. C'est-à-dire jusqu'au septentrion. Le nom d'Ourse, en astronomie, désigne deux constellations situées près du pôle arctique.
i. Charles XII. roi de Suède, dont Voltaire a écrit l'histoire, et dont Montesquieu a dit : « Ce prince, toujours dans le prodige, étonne et n'est pas grand. »
L'âme héroïque est supérieure à la fortune.
Le Ciel nous vend toujours les biens qu'il nous pro- Vainement un mortel se plaint, et le fatigue [digue1.
De ses cris superflus :
L'âme d'un vrai héros, tranquille, courageuse, Sait comme il faut souffrir d'une vie orageuse
Le flux et le reflux.
II sait, et c'est par là qu'un grand cœur se console, Que son nom ne craint rien ni des fureurs d'Éole,
Ni des flots inconstants; Et que, s'il est mortel, son immortelle gloire Bravera, dans le sein des filles de Mémoire,
Et la mort et le temps.
Ibid., livrelll.
L'inspiration poétique.
Tel que le vieux pasteur des troupeaux de Neptune, Protée, à qui le Ciel, père de la Fortune,
Ne cache aucuns secrets, Sous diverse figure, arbre, flamme, fontaine, S'efforce d'échapper à la vue incertaine
Des mortels indiscrets 2;
1. La Fortune serait ici plus juste que le Ciel. Ainsi La Fontaine dans Phiîémon et Baucis :
Il lit au front de ceux qu'un vain luxe environne Que la Fortune vend ce qu'on croit qu'elle donne.
2. Voyez, au quatrième livre des Géorgiques, vers. 409 et suivants, la peinture que Virgile fait de Protèe, gardien des troupeaux de Neptune, et, au sixième livre de Y Enéide, vers 46 et suivants, les traits dont il peint la fureur prophétique de la Sibylle.
Ou tel que d'Apollon le minisire terrible ', Impatient du dieu dont le souffle invisible
Agite tous ses sens, Le regard furieux, la tète échevelée, Du temple fait mugir la demeure ébranlée 2
Par ses cris impuissants:
Tel, aux premiers accès d'une sainte manie, Mon esprit alarmé redoute du génie
L'assaut victorieux ; Il s'étonne, il combat l'ardeur qui le possède, Et voudrait secouer du démon qui l'obsède
Le joug impérieux 3.
Mais sitôt que, cédant à la fureur divine, 11 reconnaît enfin du dieu qui le domine
Les souveraines lois, Alors, tout pénétré de sa vertu suprême, Cen'esLplus un mortel, c'est Apollon lui-même
Qui parle par ma voix.
Ibid.