‹ Morceaux choisis de prose et de vers des classiques françaisChapitre 30 sur 156 · Cf. Horace, Art poétique, vers · texte numérisé non relu

Cf. Horace, Art poétique, vers

2. « Quand on voit le style naturel, dit Pascal dans ses Pensées, on est tout étonné et ravi : car on s'attendait de voir un auteur, et on trouve un homme. »

comme de plain-pied en conversation avec moi. Je veux qu'il me mette devant les yeux un laboureur qui craint pour ses moissons, un berger qui ne connaît que son village et son troupeau, une nourrice attendrie par son petit enfant; je veux qu'il me fasse penser, non à lui et à son bel esprit, mais aux bergers

qu'il fait parler.

Ibid.

Beauté de la sainte Écriture.

L'Écriture surpasse en naïveté, en vivacité, en grandeur, tous les écrivains de Rome et de la Grèce. Jamais Homère même n'a approché de la sublimité de Moïse dans ses cantiques, particulièrement le dernier1, que tous les enfants des Israélites devaient apprendre par cœur. Jamais nulle ode grecque ou latine n'a pu atteindre à la hauteur des psaumes; par exemple celui qui commence ainsi : Le Dieu des dieux, le Seigneur a parlé, et il a appelé la. terre2, surpasse toute imagination humaine. Jamais Homère ni aucun autre poète n'a égalé Isaïe peignant la majesté de Dieu, aux yeux duquel les royaumes ne sont qu'un grain de poussière, l'univers qu'une tente qu'on dresse aujourd'hui, et qu'on enlève demain. Tantôt ce prophète a toute la douceur et toute la tendresse d'une églogue, dans les riantes peintures qu'il fait de la paix; tantôt il s'élève jusqu'à laisser tout au-dessous de lui. Mais qu'y a-t-il, dans l'antiquité profane, de comparable au tendre Jérémie3, déplorant

1. C'est celui où, suivant les paroles de Bossuet, « il confond l'ingratitude du peuple, en célébrant les bontés et les merveilles de Dieu ». Voyez, pour ce cantique, le Discours sur l'Histoire universelle, IIe partie, chap. III.

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