‹ Morceaux choisis de prose et de vers des classiques françaisChapitre 31 sur 156 · C'est le psaume XL1X · texte numérisé non relu

C'est le psaume XL1X

3. Jérémie commença à prophétiser sous le règne de Josias (629 av. J. C.) : il prédit la prise de Jérusalem, et quand cette ville se

les maux de son peuple; ou à Xahum1, voyant de loin, en esprit, tomber la superbe Ninive sous les efforts d'une armée innombrable ! On croit voir cette armée, on croit entendre le bruit des armes et des chariots; tout est dépeint d'une manière vive qui saisit l'imagination ; il laisse Homère loin derrière lui.

Lisez encore Daniel2, dénonçant à Balthazar la vengeance de Dieu toute prête à fondre sur lui, et cherchez dans les plus sublimes originaux de l'antiquité quelque chose qu'on puisse comparer à ces endroits-là. Au reste, tout se soutient dans l'Écriture; tout y garde le caractère qu'il doit avoir, l'histoire, le détail des lois, les descriptions, les endroits véhéments, les mystères, les discours de morale: enfin, il y a autant de différence entre les poètes profanes et les prophètes, qu'il y en a entre le véritable enthou-

fut rendue aux Babyloniens, il demeura en Judée. Les Juifs, s'ètant révoltés contre le gouverneur, se retirèrent en Egypte pour ■ per à la vengeance de Nabuchodonosor : Jèrèmie les suivit et périt sans doute victime de son zèle à reprocher au peuple de Dieu ses fréquentes ingratitudes.

1. C'est l'un des douze petits prophètes. Son nom en hébreu signifie consolateur. Il prédit la seconde ruine de Ninive par Nabopolassar et Astyage. Le Franc de Pompignan s'est efforce, au dixhuitième siècle, de reproduire quelques traits de cette admirable poésie :

Malheur, malheur à toi, cité lâche et perfide, Cité de sang prodigue et de trésors avide ! Entends le bruit des chars, le choc des boucliers, Les clameurs du soldat, les coursiers qui frémissent,

Les champs qui retentissent

Sous les pas des coursiers.

Vois le glaive qui brille et les flèches qui volent, Tes murs et ton pays que les flammes désolent, Ton peuple mis en fuite après de vains efforts ; Des bataillons entiers qui sous le fer succombent,

Et des mourants qui tombent

Sur des monceaux de morts.

2. Voir sur Daniel le morceau de Rollin intitulé : Prise de Babylone, et cité dans le recueil pour la Classe de Sixième.

siasme et le faux. Les uns, véritablement inspirés, expriment sensiblement quelque chose de divin; les autres, s'efforçant de s'élever au-dessus d'eux-mêmes, laissent toujours voir en eux la faiblesse humaine.

Dialogues sur l'Éloquence, III.

L'entrée de Fénclon à Carennac1.

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