‹ Morceaux choisis de prose et de vers des classiques françaisChapitre 64 sur 156 · Pris dans le sens d'esprit qu'il avait autrefois · texte numérisé non relu

Pris dans le sens d'esprit qu'il avait autrefois

3. Le texte original est celui-ci : « Gloria boni horninis testimonium bonae conscientiie. Habe bonam conscientiam, et habebis semper laetitiam. Bona conscieutia valde multa potest portare, et valde la^ta est inter adversa. Mala conscientia semper timida est et inquiéta. Suaviter requiesces, si cor tuum te non reprehenderit. Noli kt't.iri, nisi quum bene feceris. Mali nunquam habent veram lsptitiam nec internam sentiunt pacem : quia non est pax impiis, dicit Dominus. »

La magicienne Médée, abandonnée de son époux Jason, se livre aux transports de sa fureur1.

Souverains protecteurs des lois de l'hyménée, Dieux, garants de la foi que Jason m'a donnée, Vous qu'il prit à témoin d'une immortelle ardeur, Quand par un faux serment il enchaîna mon cœur; Voyez de quel mépris vous traite son parjure, Et m'aidez à venger cette commune injure : S'il me peut aujourd'hui chasser impunément, Vous êtes sans pouvoir ou sans ressentiment.

Et vous, troupe savante en noires barbaries, Filles de l'Achéron, pestes, larves2, furies, Fières sœurs, si jamais notre commerce étroit Sur vous et vos serpents me donna quelque droit, Sortez de vos cachots avec les mêmes flammes Et les mêmes tourments dont vous gênez s les âmes ; Laissez-les quelque temps reposer dans leurs fers. Pour mieux agir pour moi faites trêve aux enfers4, Apportez-moi du fond des antres de Mégère* La mort de ma rivale G et celle de son père ; Et, si vous ne voulez mal servir mon courroux. Quelque chose de pis "' pour mon perfide époux. Qu'il coure vagabond de province en province,

Page 1