Assurer était pris dans le sens de rassurer. — La reine
J'ai tendresse pour toi, j'ai passion pour elle, Et ne veux pas souffrir celte haine éternelle. Ni que des sentiments que j'aime à voir durer1 Ne régnent dans mon cœur que pour le déchirer. J'y veux mettre d'accord l'amour et la nature, Être père et mari dans cette conjoncture.
NICOMÈDE
Seigneur, voulez-vous hien vous en fier à moi? Ne soyez l'un ni l'autre.
prusias. Et que dois-je être?
NICOMEDE. Roi.
Reprenez hautement ce nohle caractère: Un véritahle roi n'est ni mari ni père ; Il regarde son trône, et rien de plus. Régnez: " Rome vous craindra plus que vous ne la craignez. Malgré cette puissance et si vaste et si grande, Vous pouvez déjà voir comme elle m'appréhende, Combien en me perdant elle espère gagner Parce qu'elle prévoit que je saurai régner.
Ibid., acte IV, scène m.
qui te craint est Arsinoé, la seconde femme de Prusias et l'ennemie acharnée de Nicomède. Arsinoé fait agir les R.omains pour que les droits de Nicomède, successeur légitime de Prusias, passent à sou propre fils. Attale. Eu même temps, par deux scélératsqu'elle a achetés, elle fait accuser Nicomède d'avoir voulu assassiner le roi. Trompé par ces rapports et par les feintes alarmes de sa femme, Prusias avait mandé son fils. Celui-ci était venu. En le vovant paraître, son ennemie avait dissimulé sa haine et demandé grâce pour lui avec de perfides instances. Nicomède, indigné, avait refusé de se défendre et lancé à Arsinoé ce mot méprisant :
La fourbe n'est le jeu que des petites âmes, lit c est In i roineiueut le partage des femmes.
" 1. Des sentiments que j'aime à voir durer, c'est-à-dire la tendresse que j'ai pour toi (Nicomède) et la 'passion que j'ai pour elle (Arsinoéj.
Cliton, le \alet de Dorante, lui apprend le succès de la comédie du Menteur.
Dorante, à la fin de la comédie du Menteur, s'était enfui pour ne pas épouser Lucrèce. Deux ans après, Cliton, son valet, retrouve son maître dans « la maison du roi », c'est-à-dire en prison, à Lyon, où celui-ci a été enfermé à la suite de nouvelles aventures. Dorante apprend à Cliton qu'il est sur le point d'obtenir la main de Mélisse, sœur d'un gentilhomme de Lyon, à laquelle il n'a pas caché son nom. Cliton lui reproche alors d'avoir divulgué un nom devenu trop célèbre, depuis que son histoire a fourni à uu poète le sujet d"une comédie dont tout Paris s'entretient.