‹ Morceaux choisis de prose et de vers des classiques françaisChapitre 91 sur 156 · Du tombeau · texte numérisé non relu

Du tombeau

3. Quand le pronom qui est précédé d'une préposition, il ne s'emploie généralement qu'en parlant des personnes.

Assure mon salut dès ce monde incertain ; Empêche malgré moi que mon cœur ne retombe, Et ne te force enfin de retirer ta main.

Fais qu'on me place à droite, au nombre des brebis

Sépare-moi des boucs réprouvés et maudits.

Tu vois mon cœur contrit et mon humble prière;

Fais-moi persévérer dans ce juste remords :

Je te laisse le soin de mon heure dernière ;

Ne m'abandonne pas quand j'irai chez les morts.

Ibid., tome II, p. 135.

IMiilèinon et Baucis '.

Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux.

Ces deux divinités n'accordent à nos vœux

Que des biens peu certains, qu'un plaisir peu tranquille;

Des soucis dévorants c'est l'éternel asile:

Véritables vautours que le fils de Japet

Représente 2, enchaîné sur son triste sommet.

L'humble toit est exempt d'un tribut si funeste;

Le sage y vit en paix, et méprise le reste :

Content de ses douceurs, errant parmi les bois,

Il regarde à ses pieds les favoris des rois ;

Il lit au front de ceux qu'un vain luxe environne

Que la Fortune vend ce qu'on croit qu'elle donne;

Approche-t-il du but, quitte-t-il ce séjour,

Rien ne trouble sa fin : c'est le soir d'un beau jour.

Philémon et Baucis nous en offrent l'exemple : Tous deux virent changer leur cabane en un temple. Hyménée et l'Amour, par des désirs constants,

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