‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 12 sur 254 · CHEFS-D'OEUVRE DE POÉSIE · texte numérisé non relu

CHEFS-D'OEUVRE DE POÉSIE

MALHERBE

Dnrant les premiers ans du Parnasse françois , Le caprice loiil seul faisait toutes les lois '. La rime, au bout des mots assemblés sans mcsnro. Tenait lieu d'ornements, de nombre et de césure. Villon sut le premier, dans ces siècles grossiers, Débrouiller l'art confus de nos vieux romanciers , etc.

Hion que Ton ait accusé Boileau d'avoir moins connu ranliquilè française que l'anliquilé grecque et latine, ce jugement qu'il a porté sur les débuts de notre poésie paraîtra encore aujourd'hui assez fondé. Dans noire époque, on a pénétré plus avant, non sans iiilt'rL't et sans fruit, dans l'étude des premiers monumonls du génie français; mais nul ne contestera sans doule que de Malherbe seulement date notre litléralurc classique.

Comme Balzac a le premier marqué dans la prose le point de maturité de notre idiome, Malherbe a eu parmi nous l'honneur d'ouvrir pour les vers une ère nouvelle ot d'finilive. Jusque-là des traits heureux de naïveté, de brillants essais,, de téméraires hardiesses, avaient fait la gloire de Marot, de du Bellay, de Ronsard : Malherbe inaugura, non plus la poésie de telle proNince, de telle école, de tel

1. CeUe rime était bonne au dix-sf^ptii-me siècle, pour l'oreille comme pour k's yeux, à raison de la prononciation scmblahie «les deux mots françoiscilois. Voyez la citation dans le premier chant de VArl pocUnue»

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