Molière est de l'école de Boileau. Revoir à la page
Ce style figuré, dont on fait vanité.
Sort du bon caractère et de la veiilc, etc.
3. La Rociiefoucauld a dit aussi : • L'esprit ne saurait jouer longtemps le
HOILEAU. i75
En vain par sa grimace un bouffon odieux
A table nous fait rire et divertit nos yeux :
Ses bons mots ont besoin d(; farine et de plâtre.
Trenez-le tAte à tAie ; ôlez-lui son tlidàtre ;
Ce n'est plus qu'un cœur bas, un coquin ténébreux ;
Son visage essuyé n'a plus rien que d'affreux.
.raime un esprit aisé qui se montre, qui s'ouvre,
Et qui plaît d'autant plus, (jue plus il se découvre.
Mais la seule vertu peut soullYir la clarté :
Le vice, touj mrs sombre, aime l'obscurité;
Pour paraître au grand jour il faut qu'il se déguise :
C'est lui (|ui de nos mœurs a banni la franchise.
Jadis l'homme vivait au travail occupé, Et, ne trompant jamais, n'était jamais trompé : Ou ne connaissait point la ruse et l'imposture; Le Normand même alors ignorait le parjure. Aucun rhéteur encore, arrangeant le discours. N'avait d'un art menteur enseigné les détours. Mais sitôt qu'aux humains, faciles à séduire, L'abondance eut donné le loisir de se nuire, La mollesse amena la fausse vanité.
Chacun chercha pour plaire un visage emprunté : Pour éblouir les yeux, la fortune arrogante Affecta d'étaler une pompe insolente; L'or éclata partout sur les riches habits; On polit l'émeraude, on tailla le rubis. Et la laine et la soie, en cent façons nouvelles, Apprirent à quitter leurs couleuVs naturelles*. L'ardeur de s'enrichir chassa la bonne foi : Le courtisan n'eut plus de sentiments à soi. Tout ne fut plus que fard, qu'erreur, que tromperie : On vit partout régner la basse flatterie. Le Parnasse surtout, fécond en imposteurs. Diffama le papier par ses propos menteurs. De là vint cet amas d'ouvrages mercenaires , Stances, odes, sonnets, épîtres liminaires ^ Où toujours le héros passe pour sans pareil ,
personnage du cœur, » et La Bruyère : * L'on esl plus sociable cl d'uv meilleur commerce par le cœur que par l'cspril. »