C'est-à-dire à couvert par son caractère de magistrat
2. Ce labloau est d'un comique excellent. Par (jiieile habile {rradation le poëte satirique et inoralisif en niônic temps nous montre lavarice di'lruisant par degrés successifs dans les ûines qu'elle domine tout ce qui peut lui faire obstacle , depuis les scrupules des convenances sociales jus(|u au sentiment même de l'honneur et de !a probité. Les traits qui icrminenl celle vigoureuse |)einture n'étaient pas iniagims; c'est en pensant à la femme du lieutenant criminel que Racine disait dans les Plaideurs (acte 1, se. u) :
Elle cûl (lu IjuvelitT emporté les serviettes, Plulôl que de reutrer au logis les maius Dettes.
486 nOlLKAU.
Mais pout-ôlrc j'invcntu une lahle frivole. Démens donc, tout Paris, qui, |)rcji;iril la parole, Surre sujet eiicor de bons linioins pouivu, Tout prêt à le prouver, te dira : « Je l'ai vu ; Vin^^t ans j'ai vu ce eouphi, uni d'un même vice, A tous mes iialiilanls montrer que Tavarice Peut faire dans les biens trouver la pauvreté', Et nous réduire à pis que la mendicité. » bes voleurs, qui ebez eux pleins d'espiirancc entrèrent, De cette triste vie ei.lin les délivrèrent : Dil^Tie et fumiste fruit du nœud le plus affreux Dont Thymen ait jamais uni deux malbeureux*.
1/art noélique^.
Chant I (fragment).
Préceptes aux. auteurs^.
Voulez-vous du public mériter les amours?
Sans cesse en écrivant variez vos discours :
Un style trop égal et toujours unifoime
En vain brille â nos yeux; il faut ou il nous endorme.
On lit peu ces auteurs, nés pour nc)us ennuyer,
Qui toujours sur un ton seujblent psalmodier.
Heureux qui, dans ses vers, sait, d'une voix légère, Passer du grave au doux, du p'aisant au sévèrel Son livre, aimé du ciel et cbéri des lecteurs, Est souvent chez Barbin entouré d'acheteurs.
Quoi que vous écriviez, évitez la bassesse : Le style le moins noble a pourtant sa noblesse. Au nîépris du bon sens , le burlesque efîronté
i. Le lieuienant criminel et sa femme furent en effet trouvés assassinés dans iciir maison le 2i août 1065.
2. HiGO 1674. — Boiloau avait acquis par ses productions le droit de donner di^s lois au Parnasse , lorsqu'il publia co code du bon goût, ce modèle des poëines didactiques : en y exposant, ouire les récries des vers, les principes foiiilamenlaux de l'art d'écrire, i! a su être f)lus complet et plus approfondi qu'aucun de ses prédécesseurs. Néanmoins, il a forl profilé de Vcpître aux Pisovs, et même trop fréquemmeni , pour qu'il nous |)araisse à propos de sip;naler ch;icnne de ces iniilalions, où il s'est souvent montré l'éfral d'Horace, où quelquefois il lui a élé supérieur. Ou les trouvera notées dans presque louies les éditions de Boileau. Pope lui a beaucoup emprunté, à son tour, dans son E'-sm su7- In Critique.
3, De ces piéceples il eu faut rapprocher d'autres, non moins judicieux et très-bien écrits, que renferme la préface en prose rédigée par l'oileau pour la dernière édition qu'il donna de ses œuvres poétiques (1701). C'est un morceau dont on ne saurait trop recommander la lecture.
BOILKAU. 187
Trompa les yeux d'abord, plut par sa nouveauté :
On ne vit plus en vers que pointes triviales;
Le Parnasse parla le langage des halles.
La licence à rimei' alors n'eut plus de frein :
Apollon travesti devint un Tabarin*.
Cette contagion infecta les provinces,
Du cler»- et du bourgeois passa jusques aux princes;
Le. plus mauvais plaisant eut ses approbateurs,
Kt, jusqu'à d'Assou(;y^, tout trouva des lecteurs.
Mais de ce style enfin la cour di'sabusée
Dédaigna de ces vers rextravn gante aisée,
Distingua le naïf du plat et du bouiïon
Kt laissa la provins admirer le Typhon'.
Que ce style jamais ne souille votre ouvrage.
Imitons de Marot Télégant badiiiage*.
Et laissons le burles(jue aux plaisants du Pont-Neuf.
Mais n'allez pas aussi sur les pas de Brébeuf, Môme en une Pharsale, entasser sur les rives /)e morts et de mourants coït montafjnes p/aintioes^. Prenez mieux votre ton. Soyez simple avec art, Sublime sans orgueil , agréable sans fard.
N'olfroz rien au lecteur que ce qui peut lui plaire. Ayez pour la cadence une oreille st'vère : Que toujours dans vos vers le sens , coupant les mots, Suspende riiémistiche, en marque le repos ^.
Gardez qu'une voyelle, à courir trop bâtée, Ne ^oit d'une voyelle en son «-hemin henriée.
11 est un heureux choix de mots harmonieux : Fuyez des mauvais sons le concours odieux. Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée. Ne peut plaire à l'esprit quand l'oreille est blessée'.
Si le sens de vos vers tarde à se faire entendre,
1. Lspèce de paiMasse qui eut beaucoup de vogue de 1020 à li'30, et qui s'élail établi sur la place Dauphine. Sous son nom ont paru beaucoup do farces burlesques.