Ayant que d'avoir
& malhi:rbe.
Quo d'applaudissomorils, de rumeur et de presse, Que de feux, que de jeux , que de traits de caresse, Quand là-liauten ('(i point on h.-s vit arriver! Va (piel |)laisir enror à i«;ur coura^^'e tendre, Voyant Dieu devant eux en ses bras les attendre, Et pour leur faire honneur les anges se lever* !
Le soir fut avancé de leurs belles journées'; Mais qu'eussent-ils gagné par un siècle d'années? Ou que leur advint-il en ce vite* départ. Que laisser promptement une basse demeure, Qui n'a rien que de mal, pour avoir de bonne heure Aux plaisirs éternels une éternelle part*?
Les Larmes de saint Pierre* (lo87),
1. « Beau tableau en deux vers, dit André Chénier. C'est Vassurgere des Latins:
Utque viro Phœbi chorus assurrezertl omnis. »
Un poëlc contemporain a rencontré les mêmes images en déplorant la mort d'une autre innocente victime, de cet enfant royal qui périt dans la prison du Temple, livré à la merci d'un impiioyable bourreau. L'ébauche de Malherbe est devenue un admirable tableau :
C'était un bel enfant qui fuyait de la terre ; Son œil doux du malheur portait le si jue austère , Ses blonds cheveux flottaient sur ses traits pâlissants; Et les vierges du ciel , avec des chants de fête, Aux palmes du martyre unissaient sur sa télé
La couronne des innocents.
On entendit des voix qui disaient dans la nue : Jeune ange, Dieu sourit à ta gloire ingénue; Viens , rentre dans ses bras , pour ne plus en sortir ; Et vous qui du Très-Haut racontez les louanges,
Sérapliins , prophètes , archanges , Courbez-vous , c'est un roi ; chantez , c'est un martyr.
2. « Peut-être à cette source, dit encore André Chénier, nous devons le vers divin de La Fontaine :
Rien ne trouble sa fin : c'est le soir d'un beau jour.
El moi j'ai dit dans une de mes élégies :
Je meurs : aN-ant le soir j'ai fini ma journée. »
3. Rapide. Vjfe comme adjectif est devenu d'un emploi très-rare, /i. Voir l'hymne que chanie l'Eglise le jour des Saints Innocents ;
Salvete , flores martyrum , In liicis ipso limine; Quos sœvus ensis messuit, Ceu turbo aascentes rosas
5. Ce poëme, dans lequel on ne fait encore qu'entrevoir par intervalles le pur et vigoureux talent de Malherbe, était imité d'un poëme italien composé par Louis Tansille, né à Nôle vers 1510, mort en 1569.
MALHERBE. 5
A Tombre d'nn ami perdue
L'Orne', comme autrefois , nous re verrait encore, Ravis de ces pensers que ie vulgaire ignore, Egaier à l'écart nos pas et nos discours ; Et couches sur les fleurs, comme étoiles semées, Rendre en si doux ébat les heures consumées, Que les soleils nous seraient courts' !
Mais, ô loi rigoureuse à la race des hommes! C'est un point arrêté, que tout ce que nous sommes, Issus de pères rois et de pères bergers*, La Parque également sous la tombe nous serre : Et les mieux établis au repos de la terre N'y sont qu'hôtes et passagers.
Tout ce que la grandeur a de vains équipages, D'habillements de pourpre et de suite de pages, Quand le terme est échu, n'allonge point nos jours ; il faut aller tout nus où le destin commande; Et, de toutes douleurs, la douleur la plus grande. C'est qu'il faut laisser nos amours^
Depuis que tu n*es plus, la campagne déserte A dessou-^" deux hivers perdu sa robe verte. Et deux fois le printemps l'a repeinte de fleurs, Sans que d'aucun discours ma douleur se console. Et que ni la raison , ni le temps qui s'envole, Puisse faire tarir mes pleurs.
\. On peut rapprocher ces stances de celle de Malherbe sur la mort de la (îllo de du Perrier : voy. nos Morceaux choisis des Classiques f)\inç(tis, à l'usage de la classe de sixième.
2. . Si lu ne m'avais pas été enlevé, » faut-il soua-entendre. Le début manque à celle pièce, qui est de IGûi : elle n'a pas été achevée. — On sait que rorne est une rivière qui coule auprès de Caen , et l'on doit penser que Malheib'i déplore ici la perte d'un de ses compatriotes, il l'a appelé Damon.
3. En cet endroit, remarque M. Sainte-Beuve, Malherbe a exprimé avec vérité et largeur le sentiment de la nature champêtre.
/i. Réunion de sons durs.