‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 167 sur 254 · T.a Méditerrant^e cl la mer Morte ou lac Asphaltite · texte numérisé non relu

T.a Méditerrant^e cl la mer Morte ou lac Asphaltite

1. C'csl-h-ilire le roi de Syrie, Adad, fort longtemps en puerrc avec le père d'Allialie, Achab, qui avait trouvé la mort en le comballant.

3. La Harpe a dit, nu sujet de ce morceau (ju'il déclare achevé : « Jamais on n'a su narrer et peindre une foule d'ohjcls diffôretits r»vec des traits plus vrais , plus justes, plus énergiques; et ces traits expriment non-seulement lesclvoses, mais le caractère du personnage. » Quelle variété de tons »'t de coideurs , quelle succession de tableaux lerrildes, mi'^lés d'une gracieuse peinture qui en fait ressortir l'iiorreur! Quelle frapnanle image d'une grandeur empoisonnée par le remords, livrée au lroul)le et à l'erfroi ! Ajoutez que cet épisode a le mérite unique d'être le principal mobile de l'action. O soM<;e amènera de la manière la iilu-; naturelle les scènes fortes ou louchâmes qn'ou va tour à tour atlmirer. (;'e>t là ce qui le dislingue du songe de Pauline, dans /'o/i/fiic/*" , qui , si remarquable d'ailleurs par la biauté des vers, ne-t pas au même degré nécessaire, ou, du moins, inh' renia la conlrxlnre de la pièce. — Voy. la comparaison qu'a faite Cliiiteaidiiiiiid du songe d'Aihalie avec celui d'Enée, traduit par Fontancs dans l' Enéide , Génie du Christianisme , seconde partie, liv. V, ch. 11.

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Et moi, je lui tondais les mains pour Tembrasser : Mais je n'ai pins trouvé qu'un horrible mélange D'os et de cliairs meurtris', et tramés dans la fange, Des lambeaux pleins de sang, et dos membres aiïreux Que des chiens dévorants se disputaient entre eux'.

ABNER

Grand Dieu !

ATHALiE. Dans ce désordre à mes yeux se présente Un jeune enfant couvert d'une robe éclatante, Tels qu'on voit* des Hébreux les prêtres revêtus. Sa vue a ranimé mes esprits abattus :

Mais lorsque, revenant de mon trouble funeste, .radmirais sa douceur, son air noble et modeste, J'ai senti tout à coup un homicide acier Que le traître en mon sein a plongé tout entier.

Do tant d'objets divers le bizarre assemblage Peut-être du hasard vous paraît un ouvrage : Moi-même quelque temps, honteuse de ma peur, Je l'ai pris pour l'efîet d'une sombre vapeur. Mais de ce souvenir mon âme possédée A deux fois en dormant revu la même idée*; Deux fois mes tristes yeux se sont vu retracer Ce même enfant toujours tout prêt à me percer. Lasse enfin des horreurs dont j'étais poursuivie, J'allais prier Baal de veiller sur ma vie, Et chercher du repos au pied de ses autels : Que ne peut la frayeur sur l'esprit des mortels^ !

i. « C'est là, dit Cliùleaubriand , une de ce? beautés vaines de ces circonstances etTrayantes , qui tiennent de la vraie nature du fantôme. »

2. A l'occasion de ce vers, où le mot de chiena est si hardiment employé, on peut rappeler la remarque suivante du comte Joseph de .Maistrc , Soirées tl/' Sailli- Pctersbnnrq, 2^ enlreUen ; « Les grands écrivains se servent de la langue sans penser seuleroenl à créer de nouveaux mots: ya-t-il dans le songe d'Alhalie , dans la description de l'enfer qu'on lit dans le Télémaque, ou dans la péroraison de l'oraison funèbre rie Condé , un seul mot qui ne soit pas vulgaire , pris à part? »

o. Tour hardi : c'est une syllepse , pour icUe qu'on en voit : il s'agit d'une robe telle que la robe dont on voit les prêtres des Hébreux se revêtir. Tel qu'on voit et Ifls on voit, que portent quelques éditions, sont des leçons dé- IVctueuses, parce qu'avec revêitts lune et l'autre manière de s'exprim.er deviendrait impropre.

4. Idée est pris ])ouT imaqe {u^o-). Cette extension de sens, donnée à ce mot, et qui paraîtrait ailleurs outrée, est ici d'un bel effet poétique. Corneille avait également dit, acl. IV, se. I, du Menteur :

. . . . Et de sa chùre idée. Mon âme , à cet aspect , sera mieux possédée.

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