‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 188 sur 254 · Imilation du psaume XLVIII · texte numérisé non relu

Imilation du psaume XLVIII

2. Rien de plus imposant, rien de plus majestueux que ce début prophétique. Uorace avait aussi commencé par un mouvement analogue une de Bes odes, 111 , 1 :

. . . Garmina non prias Audila, Musanim sacerdos, Virginibus puerisque canlo.

3. Ces mêmes idées se retrouvent au commencement d'une des pièces lyriques de Synésius, Hymne à son âme.

^i. Expression d'une hardiesse orijïinale et d'un grand effet, suivie d'une image dont la justesse égale l'énergie.

r». Terme méiapliorique parfaitement amené par celui de moisso» , qui prépare el forme avec lui un beau contraste.

2^4 j. r{. fiorssKAU.

VA, dans ce jour fat-il, Ihonime à rhomme inutile Ne paîra point à Dion lo prix de sa rançon.

Vous avez vu tomber les plus illustres tètes; VA vous pourriez encore, insensés que vous êtes, Ignorer le tribut que l'on doit à la mort? Non, non ; tout doit fiancliir ce terrible passaj,^;* Le riche et l'indigent, Timprudent et le sage, Sujets à môme loi , subissent môme sort^.

D'avides étrangers, transportés d'allégresse, Engloutissent déjà toute cette richesse, Ces terres, ces palais de vos noms ennoblis. Et que vous resle-t-ii en ces moments suprômes? Un sépulcre funèbre où vos noms, où vous-mêmes Dans l'éternelle nuit serez ensevelis*.

Les hommes, éblouis de leurs honneurs frivoles, Et de leurs vains llattcurs écoutant les paroles, Ont de ces vérités perdu le souvenir : Pareils aux animaux farouches et stupides. Les lois de leur instinct sont leurs uniques guides, Et pour eux le présent paraît sans avenir*.

Un précipice affreux devant eux se présente; Mais toujours leur raison , soumise et complaisante, Au-devant de leurs yeux met un voile imposteur. Sous leurs pas cependant s'ouvrent de noirs abîmes, Où la cruelle mort, les prenant pour victimes, Frappe ces vils troupeaux dont elle est le pasteur ^

Là s'anéantiront ces titres magnifiques, Ce pouvoir usurpé, ces ressorts politiques,

1. Ces images de l'égalité des hommes devant la mort remplissent les anciens poètes et particulièrement Lucrèce et Horace.

2. Voltaire a rendu la même pensée dans un de ses Discours en vers, avec plus de bonheur, suivant La Harpe :

C'est du même limon que tous ont pris naissance, Dans la même faiblesse ils traînent leur enfance; Et le riche et le pauvre, et le faible et le fort Vont tous également des douleurs à la mort.

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