‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 189 sur 254 · Cf. Horace, Od.,U,3 et l'i · texte numérisé non relu

Cf. Horace, Od.,U,3 et l'i

4. t Vers admirable, dit i-c Hrun , et qui concentre en lui seul toute la richesse de cette strophe. » — Il fait aisément oublier que le vers précédent est un peu dur.

5. Sublime imitation du psalrnisle. On peut rapprocher de ces vers le morceau de liossuet intitulé : Image de la vie, et que nous avons donné dans les Morceaux choisis des clasies de Grammaire.

J. B. UGUSSI':AU. 2S5

Dont le juste autrefois sentit le poids fatal : Ce qui fit leur bonheur deviendra leur torture; VA Dieu, de sa justice apaisant le niiirniure*, Livrera ces méchants au pouvoir infernal.

Justes, ne craignez point le vain pouvoir des hommes, Quelque élevés qu'ils soient, ils -sont ce que nous sommes: Si vous êtes mortels, ils le sont comme vous^ Nous avons beau vanter nos grandeurs passagères, Il faut mêler sa cendre aux ccndies de ses pures, Et c'est le môme Dieu qui nous jugera tous'.

Llv. I, odu 3*.

Vauité du bonheur des mécbants^

Déni soit le dieu des armées , Qui donne la force à mon bras , Et par qui mes mains sont formées Dans l'art pénible des combats!

De sa clémence inépuisable Le secours prompt et favorable A fini mes oppressions :

En lui j'ai trouvé mon asile,

1. Dieu, par la punition des pécheurs, a dit Dossuel dans son sermon sur trJuQ'.'ment driniin-, » saura bien se juslincr d'une manière Icrrible : • expression que Mallierbe avait déjà employée dans ses stances cuntre le mmcchaL d Ancre, et qu'il avait peut-<itrc empruntée à Claudien, in Ilitfuniw, 1, '^1.

'2. Ici, comme dans la strophe précédente, Rousseau a imite Malherbe, qui dit en parlant des grands :

Ce qu'ils peuvent n'est rien : ils sont, comme nous sommes, Vtîritablement hommes , El meurent comme nous.

3. Si l'on veut comparer J. B. Rousseau à lui-même, on pourra ropproclier dtî cette ode plusieurs belles strophes de la l'i° du livre 1*', qui expriment des idées analogues à celles de celte pièce. Cf. aussi la 13*, ibid.

4. Celle pièce appartient aux Odos sacrées de Rousseau , que La Harpe plaçait au-dessus de ses autres compositions. 11 est certain qu'il s'ej-t Inslieureusement inspiré de l'I^crilure , dont il a reproduit, sinon loute l'onction comme Racine, au moins souvent la mâle et sévère grandeur. Rousseau a dil (le lui-même , dans sa prose qut'l(juepeu lourde : • Je suis obligé d'avouer que si j'ai janiais seuli le (jue c'e^l qu'enthousiasme, c'a élé principalement en iravaillanl à ces eaniiqucs. » Il n'a d'ailleurs pn'leiidii que donner une iiuilalion libre des psaumes de David , qui lui semblaient co qu'il y a de plus propre « à élever l'esijrit cl en même temps à remuer lo cœur •.

5. Celle ode, regardée avec raison comme l'une des plus parfaites do J. R. Rousseau, est imitée du psaume CXLllI.

Î86 J, IJ. UOUSSKAU.

Et par lui d'un peuple inrlocile J'ai dissipé les factions.

Qui suis-je, vile créature?

Qui suis-jc, Soigneur? El pourquoi

Le souverain de la nature

S'abaissc-t-il jusques à moi?

L'homme, en sa course passaîrère,

N'est rien qu'une vapeur légère

Que le soleil fait dissiper :

Sa clarté* n'est qu'une nuit sombre ;

Et ses jours passent comme une onjhre

Que l'œil suit et voit échapper'.

Mais quoi! les périls qui m'obsèdent

Ne sont point encore passés?

De nouveaux ennemis succèdent

A mes ennemis terrassés!

Grand Dieu, c'est toi que je réclame :

Lève ton bras, lance ta flamme,

Abaisse la hauteur des cieux^

Et viens , sur leur voûte enflammée,

D'une main de foudres armée

Frapper ces monts audacieux.

Arrête cet affreux déluge

Dont les flots vont me submerger.

Sois mon vengeur, sois mon refuge

Contre les fils de l'étranger;

Venge- toi d'un peuple infidèle

De qui la bouche criminelle

Ne s'ouvre qu'à l'impiété,

Et dont la main vouée au crime

Ne connaît rien de légitime

Que le meurtre et l'iniquité.

Ces hommes qui n'ont point encore Eprouvé la main du Seigneur Se flattent que Dieu les ignore,

Page 1