‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 212 sur 254 · Acte IV, Scène VIII · texte numérisé non relu

Acte IV, Scène VIII

Lycandre, le comiCt Lisimon.

LisiMON, au comte. Serviteur.

Je vous cherchais, mon cher : votre froideur m'étonne ; Car il est temps d'agir. Je crois, Dieu me pardonne, Que ma femme devient raisonnable.

LE COMTE. Comment?

LISIMON,

Elle n'a plus pour vous ce grand éloignement Qu'elle a marqué d'abord. La bonne dame est sage; Car j'allais sans cela faire un joli tapage! Je vais vous procurer un moment d'entretien Avec ma digne (ipouse; et pnis tout ira bien, Pourvu que vous vouliez lui faire poiites.se. IN'y man(iiiez pas, au moins, car c'est une princesse Aussi (ière que vous, et dont les préjugés....

LE COMTE

Je suis ravi de voir que vous vous corrigez.

LISIMON, se couvrant.

Tu le vois, mon enfant, je cherche à te complaire.

LE C05ITE

Fort bien !

LISIMON, se découvrant.

Enfin, monsieur, le succôs dn l'afTaire Est en votre pouvoir. Ainsi donc, croyez-moi, De ce que Je vous dis faites-vous une loi.

LYCANDRE.

Monsieur vous parle juste, et pour votre avantage : Que votre unique objt^t soit votre mariage; El mettez à proliicet heureux incident.

LISIMON, au comte.

Quel est cet homme là?

LE COMTE, tirant Lisimon à part.

C'est... c'est mon intendant*.

1. « Ce qu'il y a de mieux conçu dans le Gloneut , dil La Harpe, c'est de

320 DKSTOUCllKS.

LISIMON.

Il a Tair bien greh;. Solon toute apparence, Cet homme n'a pas fait fortune à rintcndaricc.

{/ïu comte.) Ma femme vous attend. Venez, d'un air soumis, Prévenant, la prier d'être de vos amis.

LYCANDllE.

Soumis, vous entendez?

LE COMTE, d'un air piqué. Oui, j'eritends à merveille.

{A part.) Ciel !

LISIMON. Vous approuvez donc ce que je lui conseille , Bonhomme? Expliquez-vous.

LYCANDRE. Oui , je l'approuvc fort; Et, s'il ne s'y rend pas, il aura très-grand tort.

Le comte a fléchi, et a fait avec convenance sa demande, qui a été agréée. Le notaiic a été aussitôt appelj pour rédiger lo contrai. Nous passons à regret la scène fort plaisante où ie comte énumèro ses qualités et parle fastueusemcnt de sa fortune, qui n'existe que dans son imagination. Il vient du dire que son père, retenu par la goutte, ne peut être présent au mariage, lorsque celui-ci parait.

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