‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 226 sur 254 · Acte II, Scène L · texte numérisé non relu

Acte II, Scène L

Mérope , Euryclès, Isménie (In confident et la confulenle de

iMcropc).

MÉROPE

Quoi! l'univers se tait sur le destin d'E^islheM Je n'entends que trop bien ce silence si triste. Aux frontières d'Elide enlin n'a-t-on rien sa?

EURYCLÈS.

On n'a rien découvert; et tout ce qu'on a vu, C'est un jeune étranger, de qui la main san^^lante D'un meurtre encor récent paraissait dégouttante ; Enchaîné par mon ordre, on l'amène au palais.

MÉROPE

Un meurtre! un inconnu! Qu'a-t-il fait, Euryclès? Quel sang a-t-il versé? Vous me glacez de crainte.

EURYCLÈS.

Triste eiïetde l'amour dont votre âme est atteinte^! Le moindre événement vous porte un coup mortel ; Tout sert à déchirer ce cœur trop maternel^ Tout fait parier en vous la voix de la nature. Mais de ce meurtrier la commune aventure N'a rien dont vos esprits doivent être agités; De crimes, de brigands, ces bords sont infestés.... Ecartez des terreurs dont le poids vous afflige*.

MÉROPE

Quel est cet inconnu? Répondez-moi, vous dis-je.

EURYCLÈS.

C'est un de ces mortels du sort abandonnés^

i. Vers un peu solennel pour la place qu'il occupe et aussi pour la personne qui le prononce; un ion sans fasle sied mieux à la douleur.

2. Le malheur, l'isolement de Mérope, expliquent et lêgitimenl l'emploi de ce terme: mais, dans une autre situation, il ne serait point d'une parfaite justesse, l'amour maternel ne pouvant d'ordinaire être considéré comme une blessure pour les cœurs qui l'éprouvent.

3, La rime est rarement riche dans Voltaire, qui ne se donne pas assez de peine pour la chercher.

4. Un poids nlflige moins qu'il n'accrtb/e. Voltaire, qui travaillait trop vite, n'observe pas toujours avec le scrupule nécessaire, en particulier dans les métaphores, les justes rapports qui doivent exister entre les mots. Sa versification et son style laissent voir trop fréquemment qu'il n'éprouvait pas, comme Racine, le besoin de se corriger et de s'amender sans cesse.

5. Celte prétention de relever par l'emploi de mots ambitieux des Idées réputées communes, fort goûtée au temps de Voltaire, le serait beaucoup moins de nos jours, où l'on croit, ci avec raison, que le style tragique peut très-bien s'accommoder d'expressions simples et familières. Le dix-huitième siècle n'a pas assez connu la vériiédans la poésie : il a été, tout à la fois, moins naturel que le dix-septième et plus prosaïque.

VOLTAIUE. 361

Nourris dans la bassesse*, aux travaux condamnés; Un malluMirenx sans nom, si l'on croit i\\ppareiicc.

MKHOPE.

N'imporle, (luel qu'il soit, qu'il vienne en ma présence; Le témoin le plus vil et les moindres clartés Nous montrent (luelquefois do grandes vérités''....

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