Acte V, Scène VL
Narbas, Isménie, peuple, NARBAS.
Mon fils est-il vivant ? Que devient notre reine?
ISMÉNIE
De mon saisissement je reviens avec peine :
Par les flots de ce peuple entraînée en ces lieux....
NARBAS.
Que fait Egisthe?
ISMÉNIE. Il est..., le digne lils des dieux; Égistlie! il a frappé le coup le plus terrible. Non, d'Alcide jamais la valeur invincible JN'a d'un exploit si rare étonné les humains.
NARBAS.
0 mon fiis ! ô mon roi, qu'ont élevé mes mains !
ISMÉNIE
La victime était prêle, et de fleurs couronnée ; L'autel élincelait des flambeaux d'hyménée; Polyphonte, Tœil fixe et d'un front inhumain, Présentait à Mérope une odieuse main ; - Le prêtre prononçait les paroles sacrées; Et la reine, au milieu des femmes éplorées, S'avançant tristement, tremblante entre mes bras, Au lieu de Thyménée invoquait le trépas : Le peuple observait tout dans un profond silence. Dans l'enceinte sacrée en ce moment s'avance Un jeune homme, un héros, semblable aux immortels ; 11 court, c'était Egisthe, il s'élance aux autels; Il monte , il y saisit d'une main assurée Pour les fêtes des dieux la hache préparée. Les éclairs sont moins prompts ; je l'ai vu de mes yeux,
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Je l'ai vu qui frappait ce monstre audacieux.
« Meurs, tyran, disait-il; dieux, prenez vos victimes. »
Erox, qui de son niaitre a s<rvi tous les crimes,
Erox, qui dans son sang voit ce monstre nager,
Lève une main hardie et pense le venger.
EgistliC se retourne, endammé de furie;
A ( ôlé de son maître il le jette sans vie.
Le tyran se relevé : il blesse le héros;
De leur sang confondu j'ai vu couler les flots.
Déjà la garde accourt avec des cris de rage.
Sa môre.... Ali ! que l'amour inspire de courage !
Ouel transport animait ses elîorts et ses pas!
Sa mère.. . Elle s'élance au milieu des soldats.
« r/est mon lils! arrêtez, cessez, troupe inhumaine!
C'est mon lils! déchirez sa mère et votre reine,
Ce sein qui l'a nourri , ces lianes qui l'ont porté ! »
A ces cris douloureux, le piuiple est agité :
Une foule d'amis, que son danger excite.
Entre elle et ses soldats vole et se précipite.
Vous eussiez vu soudain les autels renversés,
Dans des ruisseaux de sang leurs débris disperses;
Les enfants écrasés dans les bras de leurs mères,
Les frères méconnus, immolés par leurs frères :
Soldats, prôtres, amis, l'un sur l'autre expirants :
On marche , on est porté sur les corps des mourants,