LEFRANC DI': POMPIGNAN
D'une brillanlo cl triste vie Uousscau quille aujounriiui les fers; Kl, loin (lu eiel de sa pairie, La mort lernriine ses ^(ivers^ D'où ses maux onl-ils [)ris leur source? Quelles épines , (Jaiis sa course, Etoulîaienl les (leurs sous ses pas?
Quels ennuis! quelle vie errante!
Et quelle foule renaissante D'adversaires et de combats!
Jusques à quand, mortels farouches,
Vivrons-nous de haine et d'aii^^eur?
Prôterons-nous toujours nos bouches
Au langage de la fureur?
Implacable dans ma colère,
Je m'applaudis de la misère
De mon ennemi terrassé :
Il se relève; je succombe.
Et moi-môme à ses pieds je tombe,
Frappé du trait que j'ai lancé.
Songeons que Timposture habite
Parmi le peuple et chez les grands ;
Qu'il n'est dignité ni mérite
A l'abri de ses traits errants;
Que la calomnie écoutée
A la vertu persécutée
Porte souvent un coup mortel
Et poursuit, sans que rien l'étonné,
Le monarque sous la couronne
Et le pontife sur l'autel.
Du sein des ombres éternelles S'élevant au trône des dieux, L'envie offusque de ses ailes Tout éclat qui frappe ses yeux.
Quel ministre, quel capitaine.
Quel monarque vaincra sa haine Et les injustices du sort?
Le temps à peine les consomme^;
voir aussi sur le tombeau de Virgile et le laurier qui le couvre, planté, dit-on, par Pétrarque, madame de Staël, Xill' liv. de Corinne, eh. 3.
i. On sait qu'il mourut à Bruxelles, sans avoir pu obtenir la révocation de l'arrêt qui l'avait banni.
2. Pour en triomphe : cette expression , aujourd'hui inusitée dans ce sens, rappelle l'ancienne synonymie de consommer et consumer. Il faut voir, au
IJ'FRANG DE POMPKINAN. 381
Kt jamais le prix du grand Iiomme N'est bien connu qu'après sa mort*.
Oui , la mort soûle nous délivre Dos ennemis de nos vertus; Et notre j,'loire ne peut vivre Que lorsque nous ne vivons plus^ Le chantre d'Ulysse et d'Achille, Sans protoL'tour et sans asile, Fut i<,nioré jusqu'au tombeau.
Il expire : le charme' cesse, Et tous les j)ouples de la Grèce Entre eux disputent son berceau.
Le Nil a vu sur ses rivages Do noirs habitants dos déserts Insulter par leurs cris sauvages L'astre éclatant de Tunivors*.
Crime impuissant"! fureurs bizarres!
Tar.dis que ces monstres barbares Poussaient d'insolontos clameurs.
Le dieu, poursuivant sa carrière, Versait des torrents de lumière Sur ses obscurs blasphémateurs*.
sujet do cos deux verbes, les Remarques de Vaugclas sur la langue frani;.i»s<-,p.'2U8 de l'édil. de KwO.