‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 238 sur 254 · GlLJJl.HT · texte numérisé non relu

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Le dix-huilicmo siècle*.

(Fragments.)

Eh ! quel temps fut jamais en vices plus fertile'? Quel siènlc d ignorance, en beaux faits plus stérile, Que cet âge nommé siècle delà raison? Tout un monde sophiste, en style de sermon , De longs écrits moraux nous ennuie avec zèle....

Nos modestes aïeux

Parlaient moins de vertus et les cultivaient mieux*. Quels demi-dieux enfin nos jours ont-ils vus naître .' Ces Français si vantés, peux-tu les reconnaître? Jadis peuple iiéros, peuple femme en nos jours, La vertu qu'ils avaient n'est plus qu'en leurs discours. Suis les pas de nos grands : énervés de mollesse» Ils se traînent à peine en leur vieille jeunesse; Courbés avant le temps, consumés de langueur, Enfants elieminés de pères sans vigueur; Demi-dieux avortés, qui par droit de naissance, Dans les camps, à la cour, régnent en espérance : Quels succès leurs talents semblent nous présager? Ceux-là font de leurs mains courir ce char léger Que roule un seul coursier sur une double roue; Ceux-ci, sur un théâtre où leur mémoire échoue En bouffons apprentis défigurent ces vers Où Molière, prophète, exprima leurs travers; Par d'autres, avec art , une paume lancée Va, revient tour à tour poussée et repoussée. Sans doute c'est ainsi que Turenne et Yillars S'instruisaient dans la paix aux triomphes de Mars.

La plupart, indigents au milieu des richesses. Achètent l'abondance à force de bassesses : Souvent, à pleines mains, d'Orval sème l'argent; Parfois, faute de fonds, monseigneur est marchand.

Assise dans ce cirque où viennent tous les rangs Souvent bâiller en loge, à des prix différents,

i. 1775. — La deuxième saUre de Gilbert, Mon apologie , parut en 1778. La Harpe lui-même, fort mallrailô dans ces pièces, n'a pu s'en:pècher de rendre un juste hommage au talent poélique dont elles portent l'empreinte.

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