Acte IV, Scène II
Irrésolution irAuguste. Le coinplol vient do lui Ctre révélé : quel parti va-t-ii prendre à l'égard de ses auteurs?
AUGUSTE, seui^.
Ciel, à qui voulez-vous désormais que je fie*
Les secrets de mon âme et le soin de ma vie?
Reprenez le pouvoir que vous m'avez commis.
Si donnant des sujets il ôte des amis.
Si tel est le destin des grandeurs souveraines
Oue leurs plus grands bienfaits n'attirent que des haines.
Et si votre rigueur les condamne à chérir
Ceux que vous animez à les faire périr.
Pour elles rien n'est sur : qui peut tout doit toutcraindre*.
1 . Non omnis moriar, a dit Horace ; et Racine , d'après ce double exemple :
Ne laisser aucuo nom et mourir tout entier....
2. Ucmarquez comme ce seul vers plein de réserve, en découvrant Pamour d'Kmilie pour Cinna, contribue à nuus intéresser au surt des deux
onspiraleurs.
a. C'est là, dit Voltaire, une occasion « où un monologue est bien placé (enclTel, deux sentiments contraires partagent I inie d'Aiijifuste et résident eelte lult^ intérieure vraie et dramatique ): celui-ci est bien éerit, les vers en sont beanx, les rélleiions sont justes, intéressantes : ce morceau e^t di^jne du grand Corneille. •
4. Tour confie: le verbe fier n'est plus employé que comme réfléchi.
"•- n»« i4 ^.^,^lQ éloquente expression par laquelle Tacite a peint l'état des
in COHNKILLE.
heu Ire «iu loi-iii()mo, Octave, et cesse de te plaindre. (Mioi! lu veux quoii r<*jjargn(', et n'as rien ép-'uviiô! Soii},^u aux llcuNL'S de sarij( on ton bras s'est baigné, De combien* ont rougi les champs de Macédoin<,*, Contbien en a vers«3 la défaite d'Antoine, Combien celle de Soxle, et revois tout d'un temps Péiouse au sien noyée et tous ses habitants; Remets dans ton esprit, après tant de carnages, De les prosi'ii plions les saii;;Ianles images. Où toi-menie, des liens devenu le bourreau, Au soin de ton tuteur' enfonças le couteau; Et puis ose accuser le destin d'injustice Quand tu vois que les tiens s'arment pour ton supplice, Et que, par ton exemple, à la perte guidés Ils violent des droits que tu n'as pas gardés!...
Mais que mon jugement au besoin m'abandonne! Quelle fureur, Cinna, m'accuse et te pardonne? Toi dont la trahison me force à retenir Ce pouvoir souverain dont tu me veux punir^ Me traite en criminel, et fait seule mon crime, Relève pour Fabaltre un trône illégitime. Et, d'un zèle elîronté couvrant son attentat, S'oppose pour me perdre au bonheur de l'Etat? Donc jusqu'à l'oublier je pourrais me contraindre ! Tu vivrais en repos après m'avoir fait craindre*! Non, non, je me trahis moi-même d'y penser : Qui pardoiirie aisément invite à l'ofTeiiser. Punissons l'assassin, proscrivons les complices...
Mais quoi ! toujours du sang, et toujours des supplices ! Ma cruauté se lasse, et ne peut s'arrêter : Je veux me faire craindre, et ne fais qr.'irriter Rome a pour ma ruine une hydre trop fertile; Une têle coupée en fait renaître mille,
empereurs romains : pavebant terrebantque. Claudien a dit aussi :
Qui terret, plas ipse timet....; el Racine , Drilminiciis , IV, m :
CraiDt de tout runivers , il voas faudra tont craindre.
Cf. Cicéron, de Off.. 11,7.
1. Le fleuves lie sang , faiit-il sous-enlendrc : ce qui est un peu forcé.