‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 45 sur 254 · Toraniiis, le père d'Kmilie · texte numérisé non relu

Toraniiis, le père d'Kmilie

3. n faul voir, à ce sujet, la première scène de Taclell, Tun des plus beaux passages de la tragédie dans laquelle (jnna, consullé par Auguste, lui a donné le conseil de garder, pour le bien public, la souveraine puissance.

4. C'est-à-dire, après m'avoir fait trembler: forme i-eproduite peu de vers après , mais dans un sens différent.

CORNFILLE. 41

Et le sang répandu de mille conjurés

Rend mes jours plus maudits, et non plus assurés.

Octave, n'attends plus le coup d'un nouveau Brute :

Meurs ; et dérobe-lui la gloire de ta chute.

Meurs : tu forais pour vivre un lâche et vain effort,

Si tant de ^^ens de cœur font des vœux pour ta mori,

Et si tout ce que Rome a d'illustre jeunesse

Pour te faiie pt'rir tour à tour s'intéresse;

Meurs, puisque c'est un mal que tu ne peux guérir;

Meurs enfin, puisqu'il faut ou tout perdre ou mourir ;

La vie est peu de chose, et le peu qui t'eii reste

Ne vaut pas l'achetiM'* par un prix si {uneste;

Meurs, mais quitte du moins la vie avec éclat;

Eleins-en le flambeau dans le sang de lingrat,

A toi-môme en mourant immole ce perfide;

Contentant ses désirs, punis son parricide;

F.iis un tourment pour lui de ton propre trépas.

En faisant qu'il le voie et n'en jouisse pas.

Mais jouissons plutôt nous-mêmes de sa peine;

Et, si Rome nous hait, triomphons de sa haine.

0 Romains! ô vengeance! ô pouvoir absolu! 0 ri;;onrcux combat d'un cœur irrésolu Qui fuit en même temps tout ce qu'il se propose! D'un prince malheureux ordonnez quelque chose. Qui des deux dois-je suivre, et duquel in'él igner? Ou laissez-moi périr ou laissez-moi régner^.

Page 1