Acte IV, Scène III
Polyeucte, Pauline.
Polyeucte est entré dans le temple : il a troublé le sacrifice et renversé les imagos des faux dieux. Il a été arrêté : tout-fois son beau-père cherche à le sauver : sa femme s'efforce de lui faire abjurer ce qu'elle appelle son erreur. On Tamène devant elle entouré de gardes.
POLYEUCTE
Madame, quel dessein vous fait me demander? Est-ce pour me combattre ou pour me seconder?
PAULINE
Vous n'avez point ici d'ennemis que vous-même ; Seul vous vous haïssez lorsque chacun vous aime;
i. CeUe construclion paraîtrait dure aujourd'hui: elle a cependant une brirvelé énergique qui lui est propre. — Pleinement, c'est-à-dire avec la pléudnde de son effet , de ses grâces.
2. Affaiblie.... L'élymologie laline {tennis) donne le vrai sens du mot.
3. Pour me fortifier.,.. Cet emploi de la préposition à est fréquent au diiseplième siècle.
CORNKILLE. 51
Daignez considérer le sang d'où vous sortez, Vos grandes actions, vos rares qualités; Chéri de tout le peuple, eslinié chez le prince, Gendre du gouverneur de toute la province; Et n'abandonnez pas à la main du bourreau Ce qu'à nos justes vœux promet un sort si beau.
POLYEUCTE
J'ai de Tambition, mais plus noble et plus belle. C<'tte grandeur ptîrit, j'en veux une immerlelle : Un bonheur assuré, sans mesure et sans lin, Au-dessus de l'envie, au-dessus du destin. Est-ce trop Tacheter que d'une triste vie, ^)iii tantôt, qui soudain me peut ètie ravie, Oui ne me fait jouir que d'un instant qui luit. Et ne peut nT assurer de celui qui le suit?
PAULINE
Voilà de vos chrétiens les ridicules songes :
Voilà jusqu'à quel point vous charment leurs mensonges.
Tout votre sang est peu pour un bonheur si doux!
Mais, pour en disposer, ce sang est-il à vous?
Vous n'avez pas la vi(; ainsi qu'un hérilage;