Séleucus
3. Cb'opAlrc avait e.\igé de ses fils la mort de Rodogimc, coupable à ses yeux de prétendre nmriler sur le trône de Syrie el d'avoir prétédc'muu'nl inspiré une vivi* passion à l'époux mémo de celle reine. Quaiil à llodoi,'une, elle s'élail vengée de ci tte liaine en excitant Anlioclius il Séiene;is à devenir les meurtriers de leur mère. Il faut dire ici, avec Louis Uacine (voy. son Traite, de ii jiocbie), qu'une telle femme, qui se montre si criminelle, est Irès-peu digne de la passion que lui ont vouée les deux fils de Cléopûtre.
58 GORNhILLE.
Sa lumière s'éteint, et son âme s'envole : Kl riioi, tout ('ÏÏv'dyt', d'un si tr.ii^'iquf^ sort, J'accours poui' vous en faire un funf-slti rapport.
ANTIOCIH'S.
Rapport vraiment funeste, et sort vraiment trafique,
Qui va changer en pleurs l'allégresse jjublique.
0 fièic, plus aimé (jue la ciarti'; du jour!
0 rival, aussi cher (jue m'était mon amour!
Je te perds, et je trouve en ma douleur extr«*me
Un malheur dans ta mort plus grand que ta mort même.
0 de ses derniers mots fatale obsiuritt;!
Eu quel gouiïre d'horreur m'as-tu pn-cipité?
Quand j'y pense (chercher la main qui l'assassine,
Je m'impute à forfait tout ce que j'ima^Mue;
Mais aux marques enfin que tu m'en viens donner,
Fatale obscurité! qui dois-je en soupçonner?
« Une main qui nous lut bien chère! » Madame, est-ce la vôtre ou celle de ma mère* ? Vous vouliez toutes deux un coup trop inhumain ; Nous vous avons tous d*ux refusé notre main : Qui de vous s'est vengée? est-ce l'une, est-ce l'autre Qui fait agir la sienne au refus de la nôtre? Est-ce vous qu'en coupable il me faut regarder? Est-ce vous désormais dont je me dois garder-?
CLÉOPATRE
Quoi! vous me soupçonnez?
RODOGUNE. Quoi! je vous suis suspecte?
ANTIOCHUS
Je suis amant et fils, je vous aime et respecte; Mais, quoi que sur mon cœur puissent des noms si doux, A ces marques enlin je ne connais que vous. As-tu bien entendu? dis-tu vrai, Timagène?