‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 64 sur 254 · CLARICE · texte numérisé non relu

CLARICE

Quoi! vous avez donc vu l'Allemagne et la guerre?

1. « Disgrâce parait un mot Irop faible dans une aventure si effroyable. » Volt.

2. f6'i2. l.e sujet de celle pirec, à laquelle , suivant Vollaire, t nous devons iMuliore » (^11 a reconnu liii-uiôine les oblitraiions (jii il avait à Corneille ), e>l . couinie celui du (ni, euiprunU' au llu'-Alre e>pa;,Miol. •< Ou;iiid je me suis résolu, dit Corneille, de repasser du lu roupie au njïr(on a vu qu'il avait eomincncé par des comédies), je n'o.^ai dese. tuiie dr si liaiii s.ms m'assurer d'un guide, et me suis laissé conduire au fameux Lopc de Véga...

G4 COHNEILLK.

DOnANTE.

,h) m'y suis faitquatio ans craindre comme un tonnerre'

CLITON, à [Kir t.

Que lui va-l-il coiilfr?

DOUANTE. Et durant ces ffiiatrc ans Il ne s'est fait conibats, ni sièges im|jorlarjts, Nos armes n'ont jamais remporté de victoire Où celte main n'ait eu bonne paît à la gloire : iMes faits par la gazelle en tous lieux divulgués... CLiTON, le tirant jcir la basque de son habit. Savez-vous bien, monsieur, que vous extravaguez?

DORANTE

Tais- toi.

CLITON. Vous rêvez, dis-je, ou...

DORANTE. Tais-toi , misérable.

CLITON

Vous venez de Poitiers, ou je me donne au diable; Vous en revîntes hier^.

DORANTE, à Cliton. Te îairas-tu, maraud? {/J Clarice.) Mon nom dans nos succès s'était mis assez haut Pour faire quelque bruit sans beaucoup d'injustice; Et je suivrais encore un si noble exercice, N'était que l'autre hiver, faisant ici ma cour*. Je vous vis, et.je fus retenu par Tamour. Attaqué par vos yeux, je leur rendis les armes : Je me lis prisonnier de tant d'aimables charmes; Je leur livrai mon âme, et ce cœur généreux Dès ce premier moment oublia tout pour eux. Vaincre dans les combats, commander dans l'armée, De mille exploits fameux enfler ma renommée,

Ce n'est ici qu'une copie d'un excellent original qu'il a mis au jour sous le lilrede/a Vetdad sospechosa, la Vérité suspecte. » (Mus tard, il reconnut que l'auieur était Ruiz de Alarcon. Ce langage atteste, en tout cas, que l'élévation du talent n'avait chez Corneille d'égale que la modestie. — On a remarqué, relativement à la comédie, que nos plus illustres tragiques s'y étaient essayés avec succès, tandis qu'aucun de nos comiques, quelle que fût sa célébrité, n'a fait une tragédie passable.

1. Il est curieux de rapprocher du caractère de Dorante la manière dont Dossuet a peint le menteur ( voy. ses Serm„ns choisis, Uidot, IS'ti, p. 469) : « Celui qui s'est engage dans cette faiblesse honteuse, dit-il, ne trouve plus d'ornements qui soient dignes de ses discours que la hardiesse de ses inventions, etc. »

2. Cet adverbe et généralement les finales des mots terminés en er étaient monosyllabes dans noire ancienne poésie. Molière, dans le ilisaïuhrope, dit en partant d'un sonnet :

Oui, hier, il me fut la dans nne compagnie.

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