Méiaphore craprunloc à l'escrime
n CORNKILLK.
GFÎKONTE. Tu ne meurs pas de honlo Qu'il faille que di; lui je fasse plus de compte, El que ton jK're niArnc, en doute d(î ta foi, Donne plus do rroyanre à ton \alel qu'a loi'. Ecoute : je suis bon, et, malgré ma colère. Je veux encore un coup montrer un cœur de père; Je veux encore un coup pour toi me hasarder : Je connais ta Lufrèfe, et la vais demander; Mais si de ton côté le moindre obstacle arrive,...
DORANTP.
Pour vous mieux assurer, soufTrez que je vous suive
GÉRONTE
Demeure ici, demeure, et ne suis point mes pas ; Je doute, je hasarde, cl je ne te crois pas. Mais sache que tantôt, si pour cette Lucrèce Tu fais la moindre fourbe ou la moindre linesse, Tu peux bien fuir mes yeux et ne me voir jamais. Autrement, souviens-toi du serment que je fais : Je jure les rayons du jour qui nous éclaire Que tu ne mourras point que de la main d'un père. Et que ton sang indij^ne, âmes pieds répandu, Rendra prompte justice à mon honneur perdu ^.
Le mépris des Tanités dn moude.
Porte toute la Bible en ta mémoire empreinte, Sache tout ce qu'ont dit les sages des vifjux temps; Joins-y, si tu le peux, tous les traits éclatants De rhistoire profane et de l'histoire sainte. De tant d'enseignements IMmpuissante langueur Sous leur poids inutile accablera ton cœur, Si Dieu n'y verse encor son amour et sa grâce ; Et Tunique science où tu dois prendre appui , C'est que tout n'est ici que vanité qui passe. Hormis d'aimer sa gloire et ne servir que lui.
1. Celte humiliation de Dorante, obligé d'en appeler à son valet , c'est là une belle leçon morale qui ressort de celle comédie.
2. « La facilité fjlaisanle des mensonges de Dorante, observe La Harpe, et la scène entre son père et lui, où le poêle a su èire éloquent sans sortir du ion de la comédie, font toujours revoir le ilenieur avec plaisir. « — Corneille donna plus lard la Suite dn Menienr; mais , quoique celle seconde pièce ne manquât pas de détails agréables et de vers beureux, elle fut très éloignée û'avoir le même succès que la première.
COUiNFJLLE. 7;i
C'est Icà des vrais savants la sagesse profonde; l^^lle est bonne en tout temps, elle est bonne en tous lieux ; Kt le plus sûr chemin pour aller vers les eieux, C'est d'alïermir nos pas sur le mépris du monde. Ce dangereux flatteur de nos faibles esprits Oppose mille attraits à ce juste mépris; Qui s'en laisse éblouir s'en laisse tôt séduire : Mais ouvre bien les yeux sur leur fragilité, Kegarde qu'un moment suffît pour les détruire, Et tu verras qu'enfin tout n'est que vanité.
Vanité d'entasser richesses sur richesses; Vanité de languir dans la soif des honneurs; Vanité de choisir pour souverains bonheurs Des plaisirs criminels les damnables mollesses; Vanité d'aspirer à voir durer nos jours Sans nous mettre en souci d'en mieux régler le cours, D'aimer la longue vie et négliger la bonne, D'embrasser le présent sans soin de l'avenir, El de plus estimer un moment qu'il nous donne Que raltnnti», des biens qui ne sauraient finir.
(Trad, de Vlmilation de Jésus-Christ, liv. I", cliap. i ' ).
Paraphrase de l'Imitation de Jésus-Christ.
(Fragment.)
Pour t'élever de terre, homme, il te faut deux ailes,
La pureté du cœur et la simplicité :
Elles te porteront avec facilité
Jusqu'à l'abîme heureux des clartés éternelles.
Celle-ci doit régner sur tes intentions,
1. D«5goùlé de la carrière dramatique par quelques i^checs récents, forni'illc avait cherché des consolalious dans ce travail, où « il sacrifiait sa réputation, pensait-il, à la gloire du souverain maître. » Il y trouva un prand succès. Sa traduction, à Ia(|iiclle il consacra près de six atiriécs (les deux premiers livres parurent en 1U31), a été réimpriméiî environ (luaranle fois. On peut lire, à ce sujet, la savante dissertation publiée par iM. Karbior .<:»»• soixante traihiclioiis frmiÇ'tiacs de l'Intihilion di' Jcsus-Chi isl , » le plus beau (les livras sortis de la main des hnmm<*s , disait l'onlenelle, puisque l'Evangile n'en vient pas. » Uelaliveinent à l'auteur de celle œuvre, il l.uit consulter la préface de Corneille adre^sée « au lecteur, • où il se demande • si c'est h Jean Gerson ou à Thomas A-Kempis que l'Kglisc en est redevable.» « Quoi qu'il en soit, dit Corneille, s'il y a ipiebiue conleslation sur le nom de l'écrivain, il est hors de dispute que c'était un homme bien éclairé du Saint-Ksprit, et que son ouvrage est une bonne école pour ceux qui veulent s'avanrer dans la dévotion. »
3* Poésie. Super, h
'^' COHNKILLE.
Colle-là présider à Ifs aiïeclions, Si tu v(îiix de les sens doriipi<îr la tyrannie; L'hiiinhie simplicitii voN; droit jusqu'à Dieu, L.'i j)iir(;t(5 rcijiljr.'isvc, d l'une a Taulre unie S'attache à ses boutes et les goûte eu tout lieu.
Nulle bonne action ne te ferait de peine Si tu te drga-eais ce tous déréj^^lenients : Le désordr.' insolent des propres sentiments' Forme tout Pembairasde la faiblesse bumaine. Ne cherche ici qu'à plaire à ce grand Souverain, N'y cherche qu'a servir après lui ton prochain , Et tu te verras libre au dedans de ton âme; Tu seras au-dessus de ta fragilit«3, Et n'auras plus de part a l'esclavage infâme Où par tous autres soins l'homme est précipité.
Si ton cœur était droit, toutes les créatures Te seraient des miroirs et des livres ouverts, Où tu verrais sans cesse en mille lieux divers Des modèles de vie et des doctrines pures : Toutes comme à l'cnvi te montrent leur auteur Il a dans la plus basse imprimé sa hauteur, Et dans la plus petite il est plus admirable : De sa pleine bonté rien ne parle à demi; Et du vaste éléphant la masse épouvantable Ne rétaie pas mieux que la moindre fourmi ^
Ibid., livre II, chap. zv.
1. C'est-à-dire, des sentimenls qui nous appartiennent en propre, des sentiments personnels, intérieurs : brièveté qui semblerait aujourd'hui un peu dure.
2. On peut voir les mêmes idées traitées par L. Racine dans le poëme de la lichgioH , chant 1". Vc nos jours, M. de LamarUne a dit aussi dans la 11'
de ses Premièies Médiialiom poétiques :
Tout est bien , tout est bon , tout est grand à sa place; Aux regards de celui qui fit l'irameDsité L'insecte vaut un monde : ils ont autant coûté.
Le chrétien à son Dien.
Parle, parle, Seigneur, ton serviteur écoute : Je dis ton serviteur, car enlin je le suis; Je le suis, je veux rôtrc*, et marcher dans ta route Et les jours et les nuits.
Remplis moi d'un esprit qui me fasse comprendre Ce qu'ordonnent de moi tes saintes volontés, El r.'duis mes désirs au seul désir d'entendre Tes hautes vérités.
Mais désarme d'éclairs ta divine éloquence; Fais-la couler sans hruit au milieu de mon cœur : Qu'elle ait de la rosée et la vive abondance Et l'aimable douceur.
Vous la craigniez. Hébreux, vous croyiez que la foudre, Que la mort la suivît, et dût tout désoler*, Vous qui dans le diisert ne pouviez vous résoudre A l'entendre parler.
a Parle-nous, parle-nous, disiez-vous à Moïse; « Mais obtiens du Seigneur qu'il ne nous parle pas : « Des éclats de sa voix la tonnante surprise « Serait notre trépas. >
Je n'ai point ces frayeurs alors que je te prie; Je te fais d'autres vieux que ces (ils d'Isracl, Et, plein de confiance, humblement je m'écrie Avec ton Samuel :
« Quoique tu sois le seul qu'ici-bas Je redoute, « C'est toi seul qu'ici-bas je souhaite d'ouïr : « Parle donc, ô mon Dieu, ton serviteur écoute, « Et te veut obéir. »
Je ne veux ni Moïse* à m'enseigner tes voies, Ni quelque autre prophète à m'expliqucr tes lois : C'est toi, qui les instruis, c'est toi, qui les envoies , Dont je cherche la voix*.