On retrouve ce même hémistiche dans Cinna
"2. La suivrait et devrati désoler ou désolerait tout : dlrait-on plus réçulièremcni eu prose.
3. I,a pripDsiiion à est souvent au dix-septième siècle synonyme de }wur.
4. La similitude des sons qui terminent ces quatre vers est un déraiit ù éviter
70 CORNKILLE.
Ils montrent le chemin, mais tu donnes la foYcn D'y poilor tous nos pas d'y marcher jusqu'au liOut; Et tout ce qui vient d'eux ne passe point l'écorce : Mais tu pdnêlres tout.
Ils n'arrosent sans toi que le dehors de l'âme : Mais sa fécondité veut ton bras souverain ; Et tout ce (jui j'éclaire et tout ce qui l'enflamme Ne part que de ta main.
Parle donc, ô mon Dieu! ton serviteur fidèle Pour écouter ta voix réunit tous ses sens , Et trouve les douceurs de la vie éternelle En ses divins accents.
Ibid. ', liv. III, cliap. ii.
An roi 2 (1676).
Est-il vrai , grand monarque, et puis-je me vanter Que tu prennes plaisir à me ressusciter, Qu'au bout de quarante ans, Cinna, Pompée, Horace, Reviennent à la mode et retrouvent leur place, Et que l'heureux brillant de mes jeunes rivaux' N'ôte pas leur vieux lustre à mes premiers travaux?
Achève : les derniers n'ont rien qui dégénère, Rien qui les fasse croire enfants d'un autre père ; Ce sont des malheureux étouffés au berceau , Qu'un seul de tes regards tirerait du tombeau. On voit Sertorius, CÈdipe et Rodogune Rétablis par ton choix dans toute leur fortune; Et ce choix montrerait qu'Othon et Suréna Ne sont pas des cadets indignes de Cinna*....
1. Corneille dédia sa traduction au souverain ponlifeAlexandreVII (Chigi), qui fut , en 1655, le successeur d'Innocent X et mourut en l(Ki7. Ce pontife, qui protégea les lettres, les avait lui-même cultivées avec succès. Il avait appartenu dans sa jeunesse à l'académie des Filomati de Sienne, et un volume in-folio de ses Poésies avait été publié au Louvre en 1650. C'était même en lisant ses vers latins , remplis de rares pensées sur la mort et la religion, nous dit Corneille, que l'idée lui était venue « qu'il fallait comparaître devant Dieu et lui rendre compte du talent dont il l'avait favorisé.... ; qu'il devait donc appliquer toute l'ardeur de son çénie à quelque nouvel essai de ses forces qui n'eût d'autre but que le service de ce grand maître et Tulilité du prochain. »
2. Louis XIV avait , en octobre 1676, fait représenter de suite devant lui , à Versailles, Cinna, Pomyée, Horace, Serlorius, Œdipe el Piodogune.
3. Corneille fait sans doute allusion h Racine, qui avait d'-jà donné 7p/itgénie (1674) et était à la veille de terminer sa tragédie de Plié.ire ( 1677 ).
4. Touchante illusion du grand poëte ! Bornons^nous à dire que dans les
Le peuple, jo Tavoue, et la cour les dégradent.
Jn faiblis, ou du moins ils se le persuadent;
Pour bien écrire encor, j'ai trop longtemps écrit :
Et les rides du front passent jusqu'à l'esprit;
Mais contre cet abus* que j'aurais de suffrages
Si lu donnais les tiens h mes derniers ouviages!
Que de tant de bonté Timpérieuse loi
Ranièneraii bientôt et peuple et cour vers moi!
Tel Sophocle à cent ans charmait encore Athènes,
Tel bouillonnait encor son vieux sang dans ses veines,
Diraient-ils à Penvi , lorsqu'OEdipe aux abois
De ses juges pour lui gagna toutes les voix.
Je n'irai pas si loin : et si mes quinze lustres
Font encor quelque peine aux modernes illustres;
S'il en est de fâcheux jusqu'à s'en chagriner,
Je n'aurai pas longtemps à les importuner.
Quoi que je m'en promett(% ils n'en ont rien à craindre;
C'est le dernier éclat d'un feu prêt à s'éteindre :
Sur le point d'expirer il tâche d'éblouir,
Et ne frappe les yeux que pour s'évanouir.
Poésies diverses.
productions de sa longiievieillesse Corneille a laissé la vigoureuse empreinte de son gt-nie. Othon en particulier alleslerait au besoin la puissance qjie ce grand esprit avait cunscrvce. ■ De toutes les expositions, a dit Voltaire avec i|uel(juc exagi^ration , celle d'0//a)» peut pai-str pour la plus belle. » f.a postérité en a retenu les vers sublimes dans lesquels Corneille a peint les trois favoris du vieux Galba :
Je les voyais tous trois se hâter sous un maître
Qui, chargé d'un long âge, a peu de temps à l'être,
Et tous trois à l'envi s'emprcsser ardemment
A qui dévorerait ce règne d'un moment.... (Acte I, se. i.)
Voir encore dans la môme tragédie le portrait d Othon (acte H, se. iv) et les paroles de G;:lba (acte 111, se. iii'l. où l'on trouve une admirable imitation d'un des plus éloquents discours de Tacite ( Hist., 1, 15 el IG). 1. Abus dans le sens d'erreur a vieilli.