‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 79 sur 254 · Voy. la fable X , Le berger il Ir roi · texte numérisé non relu

Voy. la fable X , Le berger il Ir roi

3. Riîmarqucz la coupe varii-c de ces vers qui donne au Inopage do la couleuvre un caractère de \crité et de naturel bien i^ropre à lui concilier la pitié de con ennemi, ou du moins à suspendre l'effet de ses menaces.

•'4. A un arbitre, faut-il sous entendre.

Univer8ita,5 BIBLIOTHECA

Ont pour but son i)l;iisir ainsi que son besoin. Knfiri me voilà vieille; il me laisse en un coin Sans Iiei'be' : s'il voulait cncor me laisser paître ! Mais je suis attachée; et, si j'eusse eu pour maître Uu serpent, eût-il su jamais pousser si loin ï/in,uralilude? Adieu : j'ai dit ce que je pense, t L'homme, tout étonné d'une telie sentence. Dit au serpent: « Faut-il croire ce qu'elle dit! C'est une radoteuse; elle a perdu lesprit. Croyons ce bœuf 2. — Croyons, » dit la rampante bêle. Ainsi dit, ainsi fait. Le bœuf vient à pas lents. Quand il eut ruminé tout le cas en sa tête',

11 dit que du labour des ans Pour nous seuls il portait les soins les plus pesants, Parcourant sans cesser ce long cercle de peines Qui, revenant sur soi, ramenait dans nos plaines Ce que Cérès nous donne, et vend aux animaux ;

Que cette suite de travaux Pour récompense avait, de tous tant que nous sommes, Force coups, peu de gré^; puis, quand il était vieux. On croyait l'honorer chaque fois que les hommes Achetaient de son sang l'indulgence des dieux. Ainsi parla le bœuf. L'homme dit: « Faisons taire

Cet ennuyeux déclamateur; Il cherche de grands mots, et vient ici se faire,

Au lieu d'arbitre, accusateur.

Je le récuse aussi. » L'arbre étant pris pour juge, Ce fut bien pis encore. Il servait de refuge Contre le chaud, la pluie et la fureur des vents; Pour nous seuls il ornait les jardins et les champs. L'ombrage n'était pas le seul bien qu'il siJt faire : li courbait sous les fruits. Cependant pour salaire Un rustre l'abattait; c'était là son loyer*; Quoique, pendant tout l'an, libéral il nous donne Ou des fleurs au printemps ou du fruit en automne; L'ombre, l'été; l'hiver, les plaisirs du foyer. Que ne l'émondait-on sans prendre la cognée?

1. Avec quel art sont rejetés ces deux mots? saurait -on mieux peindre l'abandon , le délaissement auquel le pauvre animal est condamné !

"2. Un autre fabuliste retraçant le même apologue a remplacé le bœuf par un chien ; mais on a remarqué avec raison que la substitution n'est pas heureuse , parce que l'homme est bien plus coupable envers le bœuf qu'envers le chien.

3. Cette lenleur majestueuse est un trait excellent. La gravité du style indirect convient au bœuf.

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