Li)îlre XL — Voir La Fontaine, 1. H. f. I
XIV INTHODUCTION.
II. A peine cependant M:irot avait-il cassât de vivre, et au moment môme où son protecteur desctTidait au tombeau, une révolution littéraire se |)réparait qui , en traçant au talent de nouvelles voies a parcourir, devait changer le goût de la nation. Kllc (';clate après l'avénemenl de Henri II (1547). Son but, hautement proclamé, est d'agrjndir le domaine des lettres et de la lan^'ue. Jusque-là, nous l'avons dit, Villon et ceux qui l'avaient précédé s'étaient contentés de puiser la poésie dans l'inspiration personnelle; ils la demandaient, incomplète et passagère, aux accidents d'une vie a{,Mtée et aventureuse, a l'émotion de l'espoir et du regret, de la joie ou de la douleur, au désir de plaire ou de flatter; elle n'avait d'autre principe que la facilité naturelle. Des ce moment on veut associer l'art à la nature. Fortilié par la réflexion patiente, capable de plus d'haleine et d'essor, le talent pourra aspirer a de plus grands résultats. C'est au nom de ces vœux, de ces espérances, qu'une fc'éneration de hardis écrivains s'élève contre la littérature du temps. Ils rompent avec le passé ; Marot est détrôné, Marot
Par qui chez nous épîtres , triolets , Rondeaux , chansons , ballades , virelais , Génie épigrainme et plaisante satire Ont pris naissance....
comme l'a répété après Boileau, d'une manière un peu trop absolue, J.B. Rousseau, dans une épître d'ailleurs assez faible'. Tous ces çenre<;, si longtemps goûtés de l'esprit national, sont frappés de discrédit. Par un manifeste plein de chaleur et d'éloquence-, du Bellay inaugure la nouvelle école; il en annonce les tendances, il en trace le plan. Une conviction ardente enflamme son langage. C'est une croisade qu'il prêche contre l'indolence des anciens poètes, qui chantaient sans étude leurs plaisirs et leurs amours. Le moment est venu de tremper son génie aux sources vives de l'antiquité grecque et latine, de le mûrir dans le commerce des écrivains d'Athènes et de Rome. « Qui veut voler par les mains et les bouches des hommes, continuait du Bellay, doit longuement demeurer dans sa chambre. Là, travaillons de coacert a revêtir des plumes d'autrui cette langue qui nous a été léguée si chélive et si nue. Loin de la condamner comme frappée d'impuissance, sachons l'enrichir. Imitons les anciens, digérons leurs ouvrages, convertissons-les a notre profit en sang et nourrituie. » Savants, magistrats, hommes d'État, tout ce qu'il y avait alors d'esprits sérieux applaudissent a ces espérances et s'y associent. Par un dernier triomphe, L'Hôpital, entraîné lui-même, gagne à la réforme poétique Marguerite, sœur de Henri II, et par elle le monarque lui-même.
III. Ronsard fut le chef de la nouvelle école. Né eu 1524 près de Vendôme, et page du duc d'Orléans, fils de François I", il rentra au