GENRE PHILOSOPHIQUE, MORAL ET RELIGIEUX
<l< Tont passer le cadavre avec mépris, et, légitimes héritiers de sa vie, parce qu'ils seront devenus à sa place les représentants de l'honneur, ils chanteront avec foi le symbole du devoir, qui est aussi le symbole de l'immortalité. Si, enfin, dans un moment fatal, toute la race humaine avilie cessait de croire à la justice pour ne plus croire qu'à LHntérêt et au plaisir, si jamais nos yeux devaient voir dan- le monde l'abjecte unité de la dépravation, ah! croyez-le, et ne désespoir/, pas, croyez qu'il en serait de ce jour comme du jour qui précédera la résurrection du Sauveur: la conscience humaine a peut-être aussi des éclipses; mais si elle a des éclipses, elle a aussi ses paques, et le siècle du Christ s'est levé sur le siècle de Néron.
Oui, la conscience règne. Elle a précédé l'Évangile, et elle lui survit. Elle l'a précédé comme une aurore, elle lui survil comme une sœur. L'Évangile est le cri de la conscience de Dieu dans la conscience de l'homme, et, tant que Dieu vivra, tant que l'homme ne sera pas éteint, ce cri sera plus fort pour sauver que les passions pour perdre.
Lacokdaire1.
Le Bonheur.
Ni l'or ni la grandeur ne nous rendent heureux.
Ces deux divinités n'accordent à nos vœux
Que des biens peu certains, qu'un plaisir peu tranquille;
Des soucis dévorants c'est l'éternel asile;
Véritables vautours, que le fils de Japet
Représente, enchaîné sur son triste sommet.
L'humble toit est exempt d'un tribut si funeste.
Le sage y vit en paix, et méprise le reste;
Content de ses douceurs, errant parmi les bois,
Il regarde à ses pieds les favoris des rois!
Il lit, au front de ceux qu'un vain luxe environne,
Que la fortune vend ce qu'on croit qu'elle donne.
Approche-t-il du but, quitte-t-il ce séjour,
Rien ne trouble sa fin : c'est le soir d'un beau jour.
La Fontaine,