‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 99 sur 115 · Du Vrai, du Beau et du Bien. (Didier éilil · texte numérisé non relu

Du Vrai, du Beau et du Bien. (Didier éilil

la loi de Trajan, d Ire :

I culte éternel la nature i >1 L'api Le boa Basa la reçoit, si les remord

LajQG la conscience, en sont \e> ■ rs.

a, Spinosa qui murmu remords, me dit-il, ces oris de la nature, Ne sont que L'habitude ei les illus Qu'un besoin mutuel inspire aux nations. — < Raisonneur malheureux, ennemi de toi-même! nous vient ce besoin? pourquoi 1 Etre suprême .Mit-il dans notre cœur, à l'intérêt porté, Un instinct qui nous lie à la soci

Lois m11'' nous raisons, fragiles, inconstan Ouvrages du moment, sont partout difiêren Sous le fer du méchant le juste est abattu; Hé bienl conclurez-vous qu'il n'est pointde vortu? Tous les divers Qéauxdonl Le poids nous accable, Un élu if des éléments effet inévitable,

Des biens que nous goûtuns corrompent la do- Mais tout est passager, le crime ei le malheur. De nos désirs fougueux la tempête fatale Laisse au fond de nos cœurs la règle et la mon C'est une source pure : en vain dans ses canaux

ents contagieux en ont troublé les eaux; En vain sur sa surfaee une lange étrangère Apporte, en bouillonnant, un limon qui L'altère; L'homme le plus injuste et le moins polie? contemple aisément quand l'orage est Tous ont reçu du Ciel, avec l'inte. ; Ce frein de la justice et de la conscieu De la raison naissante elle est le premier fruit; Dès qu'on la peut entendre, aussitôt elle instruit. Contre-poids toujours prompt à rendre l'équilibre Au cœur plein de désirs, asservi, mais né Libre; arme que La nature a mise en notre main. Qui combat l'intérêt pour l'amour du prochain; De Socrate, en un mot, cest là l'heureux génie; C'est là ce Dieu secret qui dirigeait s Ce Dieu qui jusqu'au bout présidait à son sort, Quand il but, sans pâlir, la coupe de la mort. Quoi! cet esprit divin n'est-il que pour Socrate? Tout le monde a le sien qui jamais ne le Qatte. i

VOLTAIllli.

La Conscience.

S'il fallait devenir philosophe pour distinguer le bien du mal et pour connaître son devoir, la plupart des hommes échappant à la responsabilité par l'ignorance n'auraient rien à démêler avec Dieu ni avec la justice; le code pénal serait ridicule, le jury incompétent et l'organisation de la société absurde.

Heureusement pour le bien public et l'honneur de nos institutions, quand, par un beau clair de lune, et lorsque tout dort dans le village, le paysan qui n'a de sa vie philosophé regarde avec un œil de convoitise les fruits superbes qui pendent aux arbres de son opulent voisin, il a beau se rassurer par l'absence de tout témoin, calculer le peu de tort que causerait son action, et, comparant la douce vie du riche aux fatigues du pauvre et la détresse de l'un à l'aisance de l'autre, pressentir tout ce qu'a dit Rousseau sur l'inégalité des conditions et l'excellence de la loi agraire, toute cette conspiration de passions et de sophismes échoue en lui contre quelque chose d'incorruptible qui persiste à appeler l'action par son nom et à juger qu'il est mal de la faire.

Qu'il résiste ou qu'il cède à la tentation, peu importe; s'il cède, il sait qu'il fait mal; s'il résiste, il sait qu'il fait bien. Dans le premier cas sa conscience prendra parti pour le tribunal correctionnel; et dans le second, elle attendra du ciel la récompense que les hommes laissent à Dieu le soin de payer à la vertu. Jouffroy ' .

La Conscience du genre humain.

< Si je trahis ma conscience, si Bacon de Vérulam, chancelier d'Angleterre, manque à l'honneur de sa magistrature, tout un peuple se lèvera pour le juger. La justice sortira de la foule, et le tribunal de Dieu s'y dressera vengeur en face de Westminster outragé. Que si le peuple, lui-même, façonné par la servitude à la corruption, perd à son tour le sentiment du droit, il pourra bien descendre dans la tombe pour ne plus se relever, mais il n'emportera pas avec lui la conscience du genre humain. D'autres peuples, spectateurs ou instruments de sa chute, assisteront à ses funérailles; ils

1 Mélanoes. (Hachette édit.)

Page 1